Une claque hier soir avec l’Oracle Cristal, en réponse à une question plus précise que la première fois. Je sais que bien cachée, tapie tout au fond, il y a de la colère en moi. Je sais aussi à peu près pourquoi la colère n’est pas exprimable pour moi. Autre héritage familial, la tristesse qu’on n’exprime pas. Oui, c’est vrai pour quasiment toutes les émotions en fait. Là d’où je viens, on ne « s’écoute pas ». Oui, prêter attention à ses émotions, surtout si elles sont perçues comme négatives, c’est s’écouter, et s’écouter, c’est mal. Je grossis un peu le trait, mais peut-être pas tant que ça. Quoi qu’il en soit, cela m’aide à mieux comprendre pourquoi, comment je me suis construite autour de cette capacité à « tenir » et « retenir », même si la non-expression des émotions n’est qu’une petite partie de l’iceberg. Et y’a pas à tortiller, récupérer les parties manquantes passe aussi par arriver à laisser couler le flot des émotions… ce qui va dans le sens de la Baleine et l’Orque qui sont semble-t-il là pour me faire savoir que je suis prête à confronter mes émotions en faisant la connexion entre les aspects conscient et subsconscient.

OC-32

Sens et valeur

Tu as souvent fui, ou habillé, ou masqué ce qui te semble inacceptable. Tu t’emploies avec grande intelligence à peaufiner la brutalité avec laquelle tu reçois tes émotions. Tu veux aller bien, tu veux être ou au moins paraître joyeux et gai. Alors, soyons clairs, il n’est plus question de paraître. Avec ta tristesse, sois vrai. Cela veut dire, accueille-là, si tu la rejettes, tu la rend de plus en plus triste. Ecoute là, elle a à te parler et te mener sur le chemin de l’acceptation. Les parties de ton être rebelles à cette vie ici-bas doivent capituler et la tristesse est une invite à cette reddition. Tu la vois souvent comme une empêcheuse au bonheur, c’est pour cela que tu lui tournes souvent le dos, ou mieux que tu la tournes en dérision, tu ne t’attardes jamais sur son rivage. C’est pourtant impératif que tu y établisses ton camp de base le temps de sa présence. C’est une aide des plus précieuses pour ta connaissance intime.

La tristesse en toi est là pour faire mourir et conscientiser ce qui n’a plus de valeur dans ta vie, ce qui ne te sert plus. Laisse couler les larmes, ouvre les vannes pour que l’écluse libère le voyage lui- même. Cette étape sur le chemin de l’amour inconditionnel peut être ressenti comme inconfortable, mais c’est ta digue de résistance à ce qui est qui provoque la plus grande souffrance. Accueille ta tristesse comme une très bonne vieille amie que tu as négligé jusqu’à présent. Elle est là pour te planter au cœur de tes abîmes-illusions.

Parole Intime

Je suis triste quand tu es séparé, quand tu ne me sens plus et je pleure. Je pleure à l’intérieur de toi, je remplis tout ton corps et tu ne me sens toujours pas. Je suis triste, si tu ne me sens pas, je n’existe pas. Je te remplis, tu te sens lourd, lourd sans savoir pourquoi. Tu es plein de mon manque de toi et je pleure. Je déborde, une larme à ton œil. Elle coule, tu es triste, tu pleures, tu pleures comme je pleure, nous sommes deux à pleurer. Je ne suis plus seul, tu me sens. Nous sommes tristes ensemble et c’est le début de l’amour.

Et cette larme qui au dedans pleurait la tristesse d’être séparée au dehors pleure l’amour d’être ensemble. Je coule sur ta joue, tu ne peux me retenir, tu m’essuies, je coule encore. Je suis une source, la source de l’amour de toi. Je condense tous les chagrins en un seul et tu bois la larme au coin de tes lèvres, un goût de sel, le sel de la vie, à cœur fendre.

Un chagrin demande ta présence, que tu lui offres ton corps pour qu’il s’exprime. Peu importe d’où il vient, peu importe où il va. Accueille-le un instant, sois son lit de rivière un instant, qu’il te trempe, te lave, te libère des poussières accumulées dans un coin de ton cœur sec. Je fais même pleurer ton cœur de désert, je pleure même sur les statues de pierre, je suis la source de ton amour. Je suis le commencement d’aimer. Parce que tu t’es bâti triste de ne pas aimer, de ne pas être aimé, tu m’as rendu libre d’exprimer cela et tu y découvres ton amour de moi, ton amour de toi.

Alors, en toi, je pleure d’amour, je pleure d’aimer et d’être aimé. Je pleure de te sentir me sentir et je suis bien…avec. La tristesse est devenue une caresse, une bonté, la tendresse d’être avec tout, simplement, sans retenue. Une larme, une goutte de pleurs quand vient l’heure de se répandre en beauté. Je t’accueille, je te bois, je t’aime, je suis là, toujours avec toi. Ma tristesse t’ouvre et tu pleures d’être ouvert.

Au ras des pâquerettes

Tu es triste ? Pleure, ouvre la vanne. Tu ne te noies dans ton chagrin que lorsque tu le refuses, que tu tentes de ne pas en boire le sel. Si tu t’y abandonnes, une rivière de larmes coule de toi et tu finis toujours par pleurer d’amour.

ORACLE CRISTAL :

Auteurs : Delphine Thiercelin et Bruno Anxionnat
Photographe : Mylène Bressan
Editeur : Editions Exergue

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