20150411… je mentionnais des frémissements et même carrément un bouillonnement dans mon dernier billet. Il faut croire que le couvercle était ajusté hermétiquement sur le chaudron et que la pression a monté, monté au point que je m’effondre… ou quasiment.
Le déménagement a eu raison de moi, oh, pas à lui tout seul, le rythme imposé par le travail a bien contribué aussi à ce que je me retrouve dans le creux de la vague, le sentiment d’isolement aussi. Je crois que je ne mesure vraiment que depuis ces derniers mois à quel point ça a été le désert autour de moi ces trois dernières années et demi. Et ça me met un sacré coup; j’oscille entre colère, tristesse, résignation, amertume aussi de constater que mon incapacité à aller vers les autres a signifié distance, que si moi je ne pouvais plus initier le contact, il n’y avait tout simplement plus de contact… Je suis toujours en phase de deuil de certaine relation très forte qui a laissé un grand trou béant et douloureux, je vais de la culpabilité d’avoir mal géré, pas su dire au sentiment de n’avoir été ni vue ni entendue et même prise de haut. Je mesure combien c’est difficile de tenir seule et à quel point le réseau autour de moi dans ma vie d’avant m’était précieux et me ressourçait en même temps que je m’interroge sur la réalité, la force des liens qui existaient alors.

Le creux de la vague, donc. Ceci dit, c’est mieux que la dépression, que j’ai mis de longs mois à identifier pour ce qu’elle était une fois que j’en ai été effectivement sortie. Pas sûre d’être sortie du creux de la vague d’ailleurs…. Certes, je suis, nous sommes à peu près correctement installés dans notre nouveau chez-nous (avec une chouette vue par les vélux…), mais je me sens plus épuisée que bouillonnante de projets malgré la saison qui serait pourtant propice à la floraison de nouvelles envies.

Tout mon « matériel de sorcière » est encore en cartons, cela sera compliqué de retrouver un coin pour installer un autel et je n’ai pas réussi à prendre le temps de méditer depuis je ne sais combien de mois. Je me sens frustrée de ce manque, de n’avoir pas réussi à « maintenir le lien » que j’étais difficilement en train de renouer depuis septembre. Je ne sais plus trop où est ma place, quel est mon chemin. Je m’interroge aussi sur le fait qu’un de mes clients ne me soit pas inconnu, célèbre – à son échelle – auteur sur le paganisme nordique; il a fallu sa demande d’aide pour mettre en forme un de ses articles (fort intéressant d’ailleurs, « La joie dans les croyances et les cultes des Germains du nord ») pour que je réalise que je le connaissais, enfin, « virtuellement » en tous cas. J’hésite à considérer cette rencontre comme un signe, un appel spirituel du pied…

Si le poids du déménagement a disparu avec la remise des clés de notre ancienne maison (enfin, pas complètement disparu, la caution n’a toujours pas été rendue), je me sens toujours écrasée par le quotidien : les trajets (longs), la logistique garderie-école, le sentiment de toujours être en train de courir pour vite vite parer au plus urgent au plus pressé sans jamais arriver à me poser, à prendre le temps. Bien sûr, cela ne se fera pas tout seul, miraculeusement, mais pour l’instant, je n’ai pas le ressort, les ressources nécessaires pour arriver à mettre en place les changements qui pourraient améliorer, peut-être, ce quotidien pesant. Et ce ne sont pas les récentes pannes de voiture et de machine à laver qui vont m’aider à reprendre confiance et me dire que tout va bien et que l’Univers pourvoit… j’ai plutôt l’impression qu’à peine une galère est terminée, qu’une autre prend sa place. Dans le même temps, bien sûr, je relativise : nous sommes en bonne santé, nous avons un toit sur la tête, j’ai une source fixe de revenu…

Je ne sais pas trop si je dois essayer de sortir de ce creux volontairement, cela me semble cependant l’équivalent de nager à contre-courant (pas très productif) ou si, au contraire, je dois me laisser porter, non pas passivement mais en embrassant le fait de me laisser porter, en lâchant prise en conscience. Bon, évidemment, quand je dis que « je ne sais pas trop si », en fait j’ai bien une petite idée de la réponse, hein… c’est juste que c’est précisément le chemin le plus difficile à prendre pour moi (normal) et que donc, je tergiverse.

5 réflexions au sujet de « Le creux de la vague… »

  1. Bonjour,

    Citation : « je me sens toujours écrasée par le quotidien : les trajets (longs), la logistique garderie-école, le sentiment de toujours être en train de courir pour vite vite parer au plus urgent au plus pressé sans jamais arriver à me poser, à prendre le temps. » Je ressens la même chose depuis la fin de mon congés parental. l’impression de ne plus trouver de temps à moi et de courir comme un hamster dans sa roue. Et effectivement, il y a la solution de se laisser porter par le courant… d’y participer plutôt que d’y résister.

    • Quelque part ça me fait du bien de lire que je ne suis pas la seule :). C’est sûrement d’autant plus difficile pour moi de vivre ce sentiment de ne « pas avoir le temps pour moi » que je commençais à peine à arriver à en avoir les deux derniers mois du congé parental, ça ne me laisse pas vraiment avec le sentiment d’en avoir bien profité :/
      Et c’est amusant de te lire ici, moi qui m’apprêtais à laisser un commentaire sur ton dernier article :)… je nage à nouveau en plein dans la problématique « pratique & quotidien » depuis quelques mois, justement parce que le quotidien est assez écrasant et qu’il m’est difficile de me sentir « là » et « connectée » dans ce contexte. Mais je développerai ce que j’ai à dire « chez toi » 🙂

  2. coucou,
    je traine par ici…et je vois ces belles montagnes…je me demande où s’est?
    j’ai l’impression de les connaitre^^
    des bises!
    j’espère que tout va bien pour toi et ta belle tribu!

    • C’est l’Obiou (dans le Trièves, entre Grenoble et Gap). Tu es dans les parages en ce moment ?
      A part la fatigue (mais ça c’est pas nouveau), oui, ça va, pour moi comme pour les enfants. Et toi ?

      • jsuis nulle alors, ça ressemblait à la Haute Savoie là pour moi lol!!!
        jsuis pas une experte en montagne, jsuis plus une fille des bois et collines^^
        ici ça peut aller….fatigue tout pareil et les aléas quotidiens.^^

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