Quelques semaines que ce billet me chatouille le bout des doigts. Et puis voilà que le corps dans la spiritualité est le nouveau thème de réflexion du groupe SYLPHE (ou au moins l’un des deux axes proposés).
Je n’en (le groupe en question) ai pas parlé ici (et non, je n’en fais pas partie), mais si je suis silencieuse et dans l’ombre, je n’en continue pas moins à suivre les quelques blogs avec lesquels j’ai renoué depuis que j’ai commencé à sortir du tunnel et il se trouve que les participants à ce groupe font (presque) tous et toutes partie des blogs que je lis régulièrement. Le billets de Lyra et de Rhi-Peann ont particulièrement résonné de ce côté-ci de l’écran, pas pour les mêmes raisons.
J’ai déjà parlé « corps » ici, plein de fois même, indirectement ou plus directement, sous l’angle du focusing, de la psychologie biodynamique ou plus généralement pour parler du rapport complexe que j’entretiens avec lui. Mais ce billet qui mûrit depuis quelques semaines, il est en lien avec ma pratique ou plutôt son absence. Pas étonnant donc que le fait de voir éclore les billets des unes et des autres m’ait mis un coup de pied au derrière pour essayer d’écrire le mien, pour poser un peu plus les choses et peut-être pour y voir plus clair (ou en tous cas débroussailler suffisamment pour avancer lors de ma prochaine séance thérapeutique pas plus tard que tout à l’heure).

Je le savais bien entendu, depuis le début, mais il y avait trop de choses à gérer, trop de choses qui me submergeaient pour que je puisse en prendre pleinement conscience et finalement arriver à le poser clairement en thérapie. Cela s’est finalement fait il y a quelques semaines et reconnaître cette absence de moi a déclenché une nouvelle vague du processus. Depuis, j’explore, je tourne et retourne la question, j’examine le fait de ne pas être là, de ne pas habiter mon corps, d’être absente et je gère comme je peux le sentiment aussi angoissant que douloureux d’avoir « perdu le chemin ». Le corps dans ma pratique joue un rôle important, pas en tant qu’enveloppe, mais en tant que véhicule. Et, mais ce n’est pas là une révélation, mais autant avec un véhicule il peut se passer des choses intéressantes, autant avec une enveloppe, ça a autant d’intérêt qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Je mesure pleinement combien mes tentatives pour « renouer le fil » étaient vouées à l’échec : j’ai tenté, ni plus ni moins, de « faire les gestes » pour retrouver un élan, mais inhabitée, ça ne pouvait pas me mener à grand chose, en tous les cas à rien de vraiment profond… j’y croyais hein, j’ai vraiment essayé, avec sincérité. Mais j’étais à côté de la plaque parce qu’à côté de mon corps.
Bref, après toute cette montée à la conscience, finalement, le soir du Solstice – que je n’ai pas célébré (autrement qu’intérieurement pendant les quelques minutes où se sont envolées dans la nuit les lanternes chinoises allumées par mes enfants) – il s’est passé un truc particulier, qui s’est reproduit à plusieurs reprises depuis et qui me fait penser, non espérer que peut-être, peut-être je peux enfin revenir. Pas étonnant que dans ce moment particulier se sont mêlées des sensations corporelles à la fois d’un moment de mort et d’un moment de vie, une valse, une vague, une danse, une alternance, un ballet, un truc houleux, très inconfortable à expérimenter parce que prenant place à la fois dans mon corps et à la fois pas, c’était perturbant au plus haut point.

[…]

Quelques jours ont passé, ma séance aussi… qui a débuté par l’expression de ma frustration quant aux conséquences de mon « absence » sur ma pratique : je ne sens plus rien dans les mains quand je veux tirer des cartes, d’ailleurs je ne tire plus, je ne sens plus rien tout court, j’ai eu beau revenir aux exercices de base pour me centrer et m’enracine, en vain : on ne centre ni n’enracine l’absence.
Cette ébauche de billet n’est sans doute pas sans rapport avec ce qui a pu enfin se débloquer pendant cette heure. Je me serais traitée de tous les noms en sortant…. au lieu de chercher à forcer l’entrée de la porte bloquée, de céder à la panique de ne pas être « dedans », j’aurais du, j’aurais pu me couler doucement à l’intérieur, tout simplement inverser le mouvement initial qui m’avait fait couler, en même temps que tout ce sang, dehors.

Ce n’est pas pour cela que tout est miraculeusement réglé, mais j’entrevois un début de changement possible. Et j’attends avec impatience les effets de ce changement non seulement au quotidien mais aussi dans ma pratique.

2 réflexions au sujet de « Le corps »

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