Pour le solstice,  j’ai emmené mes enfants à la patinoire. Ils se sont bien amusé, éclaté même et pour certain au sens propre. Ce qui a resulté en une visite aux urgences. Quinze jours plus tard, le genou incriminé n’allait pas mieux et était toujours douloureux. Au point de causer des insomnies. Une consultation chez le généraliste n’a rien apporté de plus en terme de prise en charge de la douleur  (c’est un problème avec mon cadet, il est peu ou pas réceptif au paracetamol et après en avoir augmenté les doses, le passage à la codéine n’a rien arrangé car pour le coup, c’est son ventre qui n’a pas supporté). Fort démunie et voyant que mes recettes sorcières ne marchaient pas mieux pour traiter la contusion, j’ai pris rendez-vous chez un praticien en médecine traditionnelle chinoise. Entre la prise de rendez-vous et la date du rendez-vous, une autre piste explorée avait apporté un mieux significatif en ce qui concerne le genou de mon fils. J’ai donc d’abord songé à annuler cette consultation, d’autant plus qu’elle n’est pas prise en charge par la sécurité sociale et que notre situation financière est des plus délicates. Et puis je me suis ravisée et ai décidé de conserver cette consultation pour moi. C’est quelque chose auquel je pense depuis pas loin de deux ans, mais je n’ai jamais donné suite car prendre des rendez-vous pour moi est problématique en terme de « gestion » du mini pendant ce temps, en plus de l’aspect financier. Pour être honnête, j’ai quand même donné suite, pris un rendez-vous l’année dernière, en début d’année me semble-t-il, consultation au cours de laquelle le mot dépression avait été lâché, mais sans rien offrir comme piste… Comme parmi mes résolutions qui n’en sont pas pour 2014 figurent le fait de venir enfin à bout de la mycose qui me bouffe les ongles du pied gauche et qui s’est considérablement aggravée depuis la naissance du mini et recevoir une aide extérieure pour traiter mon problème de fond qui est la fatigue.

« Tu as bien fait de venir, il était temps, il y a du travail »… oui, on se tutoie mon praticien MTC et moi. J’ai aimé la façon dont il m’a dit « ne cherche pas plus loin » quand j’ai mentionné allaiter toujours mon mini. Parce que sa remarque n’avait rien d »un démasquage de coupable, non, c’était juste une déclaration objective : oui, dans ton contexte particulier, post hémorragique, avec des règles ultra abondantes, l’allaitement contribue à te maintenir dans ce cercle de fatigue. Mon généraliste aurait déjà parlé d’arrêter l’allaitement pour commencer (d’où l’absence de pistes proposées malgré le mot « dépression » lâché). Là, il m’a juste dit qu’il fallait renforcer mon sang, revitaliser tout ça et que mon allaitement ne s’en porterait que mieux.
Je suis toujours perplexe quand je vois qu’une discipline qui propose des pistes là où l’allopathie n’a rien à offrir, et des pistes qui se concrétisent, qu’un accompagnement respectueux, humain et holistique n’est pas considéré comme digne de remboursement par la sécurité sociale. Si je pense simplement au genou de mon fils, les diverses consultations et re-consultations, sans parler de la rééducation devenue nécessaire à cause de la durée d’immobilisartion, ont coûté bien plus cher à la CPAM qu’une seule séance avec mon praticien en MTC + éventuellement les plantes nécessaires ne l’auraient fait (et au vu de ce dont nous avons discuté, je n’ai aucun doute sur le fait que, hormis la consultation aux urgences pour écarter l’hypothèse fracture, une seule séance en MTC aurait été nécessaire). Il aurait eu mal moins longtemps et sa scolarité n’aurait pas été perturbée. Bref.. je m’égare. Mais je trouve dommage que des pratiques efficaces soient exclues du champ des soins possibles pour des raisons d’argent.
Revenons à mon praticien, qui me trouve le pouls faible, presque inexistant. Il ne m’a rien dit que je ne savais déjà en me disant qu’il était plus que temps que je vienne. Alors pourquoi, puisque je savais que cela était nécessaire ne l’ai je pas fait plus tôt ? Outre mon état qui rendait énormément de choses compliquées, il y a ce truc en moi qui fait que « je tiens ». Mes enfants peuvent être malades, avoir mal aux dents (c’est d’ailleurs aussi mon cas et… oui, là aussi je procrastine – là aussi, d’ailleurs c’est en partie à cause de ma grossesse d’abord puis de l’allaitement qui ont fait que même si je l’ai sollicité, mon dentiste n’a pas voulu me soigner – , mais ça fait partie de mes projets…) et je vais agir. En ce qui me concerne, « je tiens ». Jusqu’à ce que je ne tienne plus bien entendu. Mais je suis assez résistante alors généralement ça continue à passer et à tenir comme ça un bon moment. Je m’interroge sur ce qui fait que je ne prenne pas soin de moi. Est-ce que réellement l’argent à débourser est un frein (pour ce qui n’est pas remboursé ou pour la part mutuelle que je n’ai pas) ? Ou bien y a-t-il un autre mécanisme qui joue, un qui fait que quelque part, tout au fond, est programmé que je n’ai pas le droit. Un qui est renforcé par la situation difficile au quotidien qui me fait rejouer de vieux mécanismes de fidélité à mes parents, un auquel vient s’ajouter de l’auto-sabotage. Parmi les postes budgétaires que j’ai réussi à conserver malgré tout est celui de la thérapie; sans doute parce que je dois le fait de continuer à « tenir » en grande partie à cet accompagnement. J’y aborde ces choses-là précisément, cette fidélité qui me fait foirer le quotidien pour donner raison à mes parents, cette capacité d’auto-sabotage. Peut-être que dans ce contexte, je dois prendre le fait d’avoir su saisir le rendez-vous de mon fils et me l’approprier comme une lumière au bout du tunnel, le signe que, finalement, je suis prête à prendre soin de moi.

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