Un mois jour pour jour que je n’étais pas montée au Chêne, un mois que je n’avais pas arpenté le Sentier. J’ai profité dimanche matin de la disponibilité du CTdP et des bonnes dispositions du mini pour m’éclipser une bonne partie de la matinée, profiter du ciel bleu et du soleil hivernal.
Je ne bouge pas assez – ce manque d’activité physique entretient sans doute aussi mon moral dans les chaussettes, lequel moral ne favorise pas mon envie de bouger, c’est le serpent qui se mord la queue… mais je travaille à sortir de ce cercle vicieux – et la montée initiale, frôlant les 10-12% est plutôt rude. Mais ça m’a fait, comme à chaque fois, du bien. Comme d’habitude, j’ai fait une première pause sur le bord de la route à l’endroit où il y a un banc permettant d’admirer la vue sur le Vercors. J’en ai profité pour nettoyer le lieu des bouteilles et autres canettes laissées là par des indélicats, des emballages provenant de McDo et des paquets de cigarettes vides avant de reprendre ma route, dans la forêt cette fois.

20131215aJusqu’à présent, à chaque fois que je suis montée au Sentier, j’ai laissé mes pensées défiler tout en marchant. Cela m’a conduit en des lieux intéressants, m’a permis d’établir des liens, de confirmer des ressentis… mais cette fois, j’avais envie d’autre chose, une envie soufflée sans doute par le passé dans lequel je m’étais replongée la veille en rédigeant le billet consacré à Zen Druidry. Lors des 10 jours de retraite pour pratiquer Vipassana mais aussi lorsque j’ai pratiqué zazen, j’ai eu l’occasion de méditer en marchant. Dans le bouddhisme zen, cette pratique est appelée kinhin et obéit à certaines règles, notamment au niveau de la posture, proche de zazen (voir par exemple ce billet). Si j’ai médité en marchant, je n’ai pas pratiqué kinhin : mon objectif était de ne pas laisser mon esprit vagabonder, aussi fructueux que puissent parfois être ces vagabondages, je voulais être là, le plus pleinement possible. J’ai commencé par porter mon attention sur ma respiration, sans pour autant caler sur elle le rythme de ma marche. Ensuite, j’ai regardé, observé ce qui m’entourait. Mais pas en me laissant aller à des « tiens, c’est quoi cette plante, pff, m’énerve, je n’y connais vraiment rien et je n’ai été convaincue par aucun des livres empruntés à la bibliothèque il faudrait peut-être que je m’inscrive à un stage avec François Couplan mais je n’ai pas les moyens, c’est vraiment dur de ne rien pouvoir se permettre comme extra oui mais bon c’est le prix à payer pour rester à la maison avec mini… », non. J’ai tenté autant que faire se pouvait de remplacer ce genre de tirades intérieures par des observations, comme par exemple « tiens, c’est quoi cette plante elle est bizarre avec sa feuille biscornue et sa tige toute cannelée ». Même chose avec les oiseaux vus ou entendus, pas de spéculation sur leur nom, juste l’observation de ce qui était là, maintenant.

20131215cJ’ai retrouvé avec beaucoup de joie le Chêne, qui était silencieux cette fois. Peu importe, c’était bon de le retrouver, même dans le silence. J’ai laissé à ses pieds une partie des graines qui ont été déposées en offrande sur mon autel au fil du mois écoulé, l’autre partie a été laissée à l’Autel le long du Sentier auquel je suis arrivée après avoir trouvé sur ma route un bâton fourchu, bien droit. J’ai failli continuer mon chemin, mais le fait d’être aussi pleinement là que possible m’a permis de sentir ? d’entendre ?… Je n’avais pas de projet de ce genre en vue quand j’avais lu l’article de Rhi-Peann sur le bâton de Lune (même si j’avais trouvé l’idée intéressante), mais ça s’est imposé à moi. Un autre projet avec du bois en perspective… il va falloir que je débloque du temps pour ma baguette et ce bâton (et que je ne le laisse pas traîner sur la table, le mini l’adopterait visiblement volontiers).
Juste après l’Autel, j’ai coupé dans les bois, m’éloignant du sentier, ce que je n’avais encore jamais fait jusque là. J’ai trouvé un coin avec du houx et plus loin des traces de cervidé (je pense). Je n’ai pas le pied aussi léger que les animaux dont je suivait les traces et à un moment donné, mon pied gauche s’est brutalement enfoncé dans la neige qui recouvrait – jusqu’à le cacher – un tas de branches et brindilles sur lequel je ne me serais pas aventurée si je l’avais vu. Tout le haut de mon corps s’est crispé, raidi au point que ça en a été extrêmement douloureux. J’ai cru que j’allais restée bloquée (je suis coutumière des problèmes de dos, moins depuis quelques années, mais à l’adolescence, j’étais régulièrement coincée, bloquée… c’est là que j’ai découvert la chiropraxie, miraculeuse pour moi à l’époque, puis l’ostéopathie et plus particulièrement la méthode Poyet), mais heureusement, ça s’est un peu relâché une fois la surprise et le choc passé. Néanmoins, impossible de tourner la tête à droite, de la baisser complètement ou de la lever :/. J’ai continué mon exploration un peu plus loin, jusqu’à un endroit qui m’a donné l’impression que la main de l’Homme n’y avait jamais mis le pied :)… plus réalistiquement, l’endroit est certainement fréquenté des seuls cervidés en hiver, le reste du temps, c’est sans doute un peu moins vrai. En tous cas, j’ai goûté l’atmosphère paisible du lieu et me suis promis d’y revenir et de pousser plus loin ma balade.

20131215bJ’ai trouvé un moyen de rejoindre la route de la bergerie sans risquer de me tordre une cheville (ou autre !) sur un terrain trop accidenté ou au relief dissimulé sous la neige et de là, je suis ensuite redescendue à la maison, bien requinquée de ma balade. Je crois que d’avoir réussi à marcher sans me disperser y était pour beaucoup : l’effet parenthèse de mes habituelles montées au Sentier s’en est trouvé amplifié. Seul bémol, ma nuque raide qui a nécessité les soins du CTdP et m’a valu de m’endormir pendant deux heures l’après-midi, avec bouillotte en noyaux de cerises et écharpe autour du cou, pour digérer le choc :/. Même si mon cou a un peu retrouvé de sa mobilité depuis, ça reste un tantinet raide sur la droite et je crains devoir me résoudre à une visite chez mon ostéopathe préféré.

Au sujet du Bâton de Lune, voir également :
– le premier billet de Brume Follet et le second, puisque c’est elle qui a proposé l’atelier auquel ont participé les autres auteurs de billet sur le sujet 🙂
– celui d’Hélène
– celui de Marzin (un intéressant point de vue masculin)

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