De Kali, je ne savais pas grand chose jusque là et je n’en sais pas beaucoup maintenant, même si un peu plus.
Je me souviens que petite, quand ma mère râlait qu’elle n’était pas la Déesse Kali (comprendre, « je n’ai que DEUX mains, attends donc un peu que j’aie fini ce que je suis en train de faire »), j’entendais la « déescali » en un seul mot un peu mystérieux. Plus tard, j’ai compris qu’il s’agissait de la Déesse Kali aux quatre bras. Certes, je lui trouvais une allure un peu terrifiante avec sa guirlande de têtes, son pagne de bras, le poignard dans une main, une tête coupée dans l’autre; mais d’un autre côté, elle tirait la langue, comme une gamine un peu insolente, provocatrice… hmm, les mots (lapsus, j’avais tapé les « moRts » !!!) me manquent là. Bref, un peu terrifiante, mais pas que. Peu importe de toutes façons, puisque je n’ai jamais cherché à en savoir plus sur elle.
Quand après Samhain (en fait, c’est plutôt un peu avant, mais je n’en suis pas certaine : je me suis tellement empressée de chasser cette image que je n’ai même pas pris la peine de noter que je le faisais) j’ai commencé à en avoir des images qui me venaient, en balade, au moment de me coucher… Kali, et aussi des serpents (mais ça, ça m’est déjà arrivé), surtout des naja/cobras (ça, par contre, c’est nouveau). Je n’y ai pas prêté attention, ou plutôt, j’ai commencé par me dire que je trainais un peu trop sur des blogs / sites de personnes honorant des dieux / déesses plutôt considéré(e)s comme sombres et que je devais succomber à une sorte d’effet « mode ». Et j’ai continué mon chemin sans me préoccuper de ces images. Finalement, en fin de semaine dernière, je me suis dit que quand même, ça durait et qu’il faudrait peut-être que je me penche un peu sur tout ça, mais le moment n’était pas propice du tout, aux prises que j’étais avec de vieux mécanismes de fonctionnement rétifs à se faire la malle. De ce que j’arrive à lire (outre le manque de temps, je suis gênée par beaucoup de termes), je retiens la date de la nouvelle lune de décembre, le jour mardi et me dis que ce n’est pas un hasard si la nouvelle lune de décembre tombe cette année un mardi, si moi j’ai cette information en main juste avant, à temps pour… même si je n’arrive pas à approfondir ce que j’ai lu et survolé, je commence à anticiper beaucoup de choses autour de cette date et de ce que je vais fêter, célébrer, initier…. Dimanche, une accalmie, un mieux, qui perdure lundi avec une piqûre de rappel biodynamique. Lundi après-midi, j’entreprends donc de surfer sur les quelques liens fournis par le Tailleur de Pierre qui en sait bien plus sur l’Inde que moi (je sais juste quant à moi que je rêve d’y aller, que c’est un pays qui m’attire, mais je n’ai pas « exploré » cette attirance). Je suis interrompue, d’autres tâches urgentes s’imposent à moi, je fais contre mauvaise fortune bon coeur et je reporte mes recherches et explorations au lendemain après-midi. Évidemment, le lendemain après-midi, mon gluon gluonne. Impossible de faire autre chose que d’être avec lui, jouer avec lui, regarder avec lui alors même que nous sommes ensemble depuis le matin et qu’il a largement eu sa dose de « maman » (lui ne semble pas de cet avis)… quand son père est enfin disponible à nouveau, je pense pouvoir m’éclipser et monte avec mon ordinateur pour potasser tranquillement. Une ébauche de rituel / célébration (il va falloir que je revienne sur ces termes que j’ai tendance à employer un peu indifféremment alors qu’ils ne sont pourtant pas interchangeables) commence à s’esquisser mais voilà que mon mini me rejoint, m’interrompt et ne lâche pas le morceau. La scène se reproduit encore une fois et je laisse tomber, me disant que tant pis, quand il dormira au moins, je pourrai… Las, il n’est pas pressé de se coucher, de s’endormir et la loooongue tétée nocturne aidant (sans compter l’épuisement maternel), je m’endors en même temps que lui. Et du coup, voilà ma rencontre avec Kali annulée. En me levant faisant réveiller ce matin, j’étais vraiment en colère. Je n’ai pas tellement de temps « pour moi » « à moi », pas seulement parce que j’ai du mal à poser que je veux ou que j’ai besoin (bien que ça soit effectivement le cas), mais aussi parce que même quand je le fais, ça ne suit pas forcément… quand le « moment » importe peu, ce n’est pas grave, je reporte, fais après, mais quand je comptais sur un moment précis, c’est plutôt dur à avaler de devoir une fois encore passer après, ou ne pas passer du tout. J’ai ruminé toute la matinée, et le degré de gluonitude particulièrement élevé du mini n’a pas aidé à faire redescendre la pression. Finalement, il est parti faire un tour avec son père. Je suis restée encore un moment avec ma colère, ma boule dans le ventre, accrochée à ce que j’avais encore loupé et raté et dû annuler… et puis, j’ai imprimé ce que je voulais imprimer hier, suis partie à mon autel. J’ai accroché au mur ce que je venais d’imprimer, j’ai changé et rafraichi mon autel, y ai déposé des offrandes nouvelles avant d’allumer bougies et encens. Quelques respirations au calme et sans rien de ce que j’avais envisagé en termes de « présentation », « prière » ou que sais-je d’autre en guide d’introduction, j’ai entonné l’un des mantras de Kali.

Krim Krim Krim Hum Hum Hrim Hrim Daksine Kalike Krim Krim Krim Hum Hum Hrim Hrim Swaha

La boule est un peu partie. Je reste avec le sentiment de n’avoir pas respecté « les règles », sûrement seulement des règles imaginées par moi d’ailleurs, mais ce sentiment ne me quitte pas. Je voulais faire « comme ça » et j’ai fait « comme ci », j’ai laissé à Kali le soin de regarder dans mon coeur plutôt que d’entendre mes mots, sans doute cela vaut-il mieux, mais je n’arrive pas à me défaire de l’idée que j’aurais dû faire autrement. Malgré tout, je suis contente de n’être pas restée avec ma colère qui m’empêchait de « faire » et d’avoir « fait », même imparfaitement. J’en sais gré à Valiel dont les mots, même s’il ont été délivrés virtuellement n’en ont pas moins eu un réel effet (et positif) sur moi.

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