Attention, billet très personnel de fille, de femme avec des règles, du sang dedans…

Quand j’ai commencé à garder trace de mes lunes c’était dans un contexte de réappropriation de mon corps et de ses rythmes, dans une démarche de questionnement relatif à la contraception également (exploration de méthodes naturelles… à ce sujet, je mentionne en passant l’excellent et indispensable Taking Charge of Your Fertility de Toni Weschler qui vaudrait à lui tout seul plusieurs billets). Mon chemin se faisait alors vers le Féminin Sacré, la Déesse, je l’ai abordé à de nombreuses reprises sur ce blog. Et puis mon dernier fils est né et je me suis coupée d’à peu près tout ce qui me nourrissait jusque là. Pas volontairement, pas consciemment, mais simplement, je ne pouvais plus.
Avec la grossesse j’avais bien évidemment arrêté de tenir mon journal de lunes et si je pensais qu’il serait mis de côté pendant encore un moment après la naissance du bébé, au moins 16 ou 18 mois, comme cela avait été le cas pour ses deux aînés nés par voie basse (je mets volontairement à part la naissance de mon aîné, par césarienne et peu allaité), je me trompais. Malgré un allaitement à la demande (et l’espacement des tétées requis par la MAMA), mon retour de couches a été précoce puisqu’il est intervenu trois mois après la naissance, possiblement avant mais comme j’ai longtemps eu des lochies importantes, il est possible que je n’aie alors pas réalisé que mes cycles avaient repris.
J’ai mis cela sur le compte de la séparation post-naissance, et de la nouvelle séparation au moment de la montée de lait : j’ai certes allaité à la demande mais je n’ai eu la possibilité de le faire que dans les moments où nous avons été ensemble mon fils et moi.
Je n’ai pas très bien vécu ce retour de couches précoce. D’abord parce que du sang, après l’hémorragie massive post-césarienne, j’avais bien espéré ne pas en perdre de nouveau avant un bon moment. Et puis parce que j’aurais bien eu besoin de calme et pas d’avoir à passer par des fluctuations diverses et variées en fonction de l’avancement de mon cycle. Je n’ai donc pas ressorti mon journal, pas envie, pas l’énergie non plus de me poser, d’observer, de noter… J’ai gardé une trace minimale, le premier jour de mes règles et leur durée. Point.
Jusqu’à la pose d’un DIU (stérilet) un peu plus d’un an après la naissance de mon fils (je ne voulais pas de pilule, en avais marre de la spontanéité limitée avec diaphragme ou préservatif et souhaitais une efficacité la plus grande possible (« accident de contraception » non envisageable dans mon cas) : ça a très vite limité les options !). Là, très vite, il n’y a eu plus rien à noter : plus de cycle, plus de point de repère.
L’essai fait avec le mirena dont nombreuses sont les femmes qui en vantent les mérites a été une vraie catastrophe pour moi : je me suis sentie déconnectée, déphasée de ne plus avoir de règles. Et je ne parle pas des effets secondaires – pas si infréquents que ça pour peu qu’on aille au-delà du tableau idyllique présenté à son sujet – j’ai repris le peu de kilos de grossesse que j’avais réussi à perdre, et même un peu plus; je n’allais pas très bien, je crois que mirena – choisi uniquement parce que je craignais les règles possiblement très abondantes causées par un DIU au cuivre (dans un contexte post-hémorragique, même un an après, vu mon état, je jugeais que c’était plus sage d’éviter, même si les hormones ne me tentaient pas) – a accentué mon mal-être et que si je suis allée aussi mal c’est aussi parce que je portais ce stérilet (cet article-là en particulier m’a énormément parlé, beaucoup de similitudes avec ce que j’ai pu ressentir ou vivre pendant les quelques mois où je l’ai porté; voir aussi, mais pas seulement, le blog « ma vie après mirena« …).
Bref, après quelques mois sans règles et avec tous les autres symptômes constatés, j’ai décidé de faire retirer le mirena et d’opter pour un stérilet au cuivre, tant pis pour le risque de règles abondantes. J’ai constaté une amélioration progressive des autres symptômes, notamment dépressifs, et le retour de mes lunes.
Ah, ça, pour être revenues, elles sont revenues.
Abondantes, hémorragiques même. A tel point que j’ai expulsé le stérilet lors des premières règles suivant sa pose. J’ai laissé tomber l’idée d’un stérilet du coup.
Mais depuis, et ça fait pourtant presque six mois, je ne reconnais plus mes règles ni d’ailleurs mes cycles.
La durée de mes cycles a changé et continue à fluctuer même si je sens que je vais vers une stabilisation, celle de mes lunes de même et leur déroulement est entièrement nouveau et déroutant.
Je peux être au lit (ou avoir besoin de l’être) le(s) premier(s) jours parce que j’ai mal (sérieusement, à pas loin de 40 ans et après cinq grossesses, moi qui n’ai jamais été confrontée à quelque problème que ce soit pendant mes règles, ça me fait tout bizarre), je vide ma coupe menstruelle ou nettoie mes mensi à une fréquence jamais vue jusque là et qui rend toute sortie hors du domicile – même juste pour aller acheter le pain et faire un rapide tour au parc avec fiston – périlleuse… si j’ai pu dans le passé arriver à utiliser ce temps des lunes comme un temps d’exploration, de création sur un autre plan (voir notamment les billets intitulés MoM sur ce blog ou ceux portant le tag menstruation creation ou lunes rouges), là, je comprends complètement les réflexions que postait il y a quelques temps Morrigan Caitlín Darkmoon ou plus récemment Nimue Brown (synchronicité, j’ai commencé le brouillon de ce billet la veille du jour où Nimue a publié le sien).
Et pourtant, malgré le fait que je passerai désormais plus volontiers les premiers jours de mes lunes seule dans une grotte, qu’à peindre de nuit quand tout le monde dort avec le sang de mes menstrues, je ressens depuis mes dernières lunes (d’où le brouillon commencé la semaine dernière) le besoin de me « reconnecter ». Sans doute juste en observant à nouveau – et vérifier ainsi ce que je pressens, à  savoir que mon cycle impacte mon fils par le biais de l’allaitement – pour commencer. Et puis en ressortant mon carnet-journal de lunes et en peignant / décorant enfin la boîte dans laquelle je range ma cup et mes éponges (oui, depuis 2008 ce n’est toujours pas fait). Ressortir la chaîne de cheville (si je peux encore la mettre… j’ai beaucoup grossi depuis :/) et l’hématite. Reconnecter, me refamiliariser et marquer ce temps, quitte à me faire un coussin spécial pour le temps que je passe au lit le premier jour !

2 réflexions au sujet de « Histoires de Lunes »

  1. Je n’ai pas eu de marmousets, mais j’ai des règles affreuses depuis le début (et chez moi la pilule n’a presque rien régulé du tout, elles sont juste un peu plus à date fixe, mais toujours aussi abondantes et douloureuses. Avec certaines pilules, même, ça ne changeait rien du tout, elles étaient tout aussi irrégulières !). Bref, tout ça pour dire que perso, ce qui me calme le plus les douleurs, c’est la malachite. J’en ai un joli galet tout doux, que je garde dans un sachet, et que je dépose sur la zone qui me fait souffrir, en le gardant bien au chaud. Ça soulage énormément !

  2. Je note la piste malachite, merci !
    (mais bon, j’espère bien finir par retrouver mes règles d’avant cette dernière grossesse quand même…)
    Faudrait que j’arrive à explorer la piste alimentaire aussi histoire de voir si ça améliore les choses.

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