20131115aIl a neigé la nuit dernière ici. Dru. J’ai mal dormi, je ne suis pas la seule. Je ne sais pas si la neige est en cause, m’enfin, c’est bête, pour une fois que le mini dormait bien, lui… je n’en ai pas profité pour la nuit réparatrice dont j’avais pourtant bien besoin. En tous cas, au milieu de la nuit, en regardant les flocons tomber et voler de plus belle sous le vent, j’ai su que j’allais monter au Sentier ce matin. Comme je n’étais pas la seule à ne pas dormir, nous avons dressé nos plans pour la matinée à venir de façon à rendre mon escapade possible.
Ce matin, donc, après avoir emmené ma fille à l’école, j’ai préparé mes petites affaires : chaussures de marche, guêtres, sac à dos, thermos de thé, une pomme, serpette opinel au cas où, mon carnet de route dans lequel j’avais glissé les lames de tarot sur lesquelles je travaille en ce moment dans le cadre du Projet Tarot 40, les offrandes passées de mon autel. Finalement, j’étais trop impatiente de partir et comme il n’avait pas neigé tant que ça et que je ne prévoyais pas d’aller m’enfoncer dans quatre-vingt centimètres de neige, j’ai sauté l’étape fastidieuse de l’enfilage et fixation des guêtres et en route !
La partie « grande montée » d’abord, sur une route puis un chemin qui ne glissaient pas trop. Un sentiment d’étrangeté à voir le paysage familier recouvert de neige. Et les bruits ! Rien à voir avec la dernière fois : au craquement des feuilles sous mes pas s’est substitué aujourd’hui le crissement de la neige, l’ambiance feutrée, étouffée…
Je n’avais pas froid, pourtant je n’étais pas très couverte. J’ai savouré chaque moment de la montée, constaté que je n’étais pas la seule à m’aventurer par là comme en témoignaient les traces dans la neige, humaine et canine. Des images de serpent surgissant de la neige, gueule ouverte et montrant les crochets me sont venues à un moment, juste avant d’arriver au Chêne, couvert de blanc.

20131115bJ’ai pu m’en approcher cette fois sans m’accrocher aux ronces qui en gardent l’accès car elles étaient couchées sous le poids de la neige. J’ai salué, posé mes mains sur le tronc, mon front, mon ventre. Appuyée contre le Chêne, j’ai reçu en cadeau un symbole / signe à tracer sur ma baguette. J’aurais de toute façon laissé quelque chose au pied du Chêne, seuls la nature et le nombre de mes offrandes ont changé après avoir reçu ce cadeau. Depuis le Chêne, mon regard a été appelé vers le contrebas, où une branche courbée sous la neige formait une arche, comme une porte vers un chemin à aller découvrir.

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20131115cJ’ai bien évidemment répondu à cette invitation, impossible de faire autrement, d’autant qu’en temps normal, les ronces envahissent l’endroit et rendent cette partie vraiment impraticable. Là, elles étaient courbées vers le sol et je pouvais à peu près marcher entre les pieds, sans trop me faire accrocher en tous cas. Après être passée sous l’arche, j’ai vu un arbre un peu plus loin et alors que je dirigeais vers lui, j’ai remarqué celui qui se trouvait plus bas, vers ma droite. Je me suis arrêtée, me demandant lequel m’avait lancé l’invitation… et il est devenu clair que je devais aller d’abord vers le plus lointain et m’arrêter à celui aperçu ensuite dans un second temps. Ce que j’ai donc fait. Après avoir fait connaissance avec le premier arbre, que je pense être un Charme (comme celui qui m’a donné ma baguette) mais il faut que je vérifie l’information (au passage, je note que je ressens un vrai besoin de transmission de l’information pour ce qui est des plantes, arbres, je ne veux pas, je ne peux pas juste apprendre à partir d’un livre… quelqu’un qui « connaît » serait prêt(e) à venir me montrer contre le gîte et le couvert en moyenne montagne quand la saison s’y prêtera ????), je suis retournée sur mes pas et ai bifurqué vers le bas pour rendre visite au second arbre (un charme également, si le premier est bien un charme). En arrivant de ce côté, j’ai mieux vu la branche cassée et l’espèce de nid que les branches formaient, que j’avais seulement deviné lors de mon passage à l’aller. Au niveau où la branche était cassée, un morceau dépassait, sur lequel j’ai tiré puisque j’étais clairement invitée à le faire. Un morceau de bois est venu, parfait pour devenir un porte-encens. Je suis repartie le coeur et les mains remplies, non sans avoir laissé mes remerciements (un bout de moi contre un bout de lui) sagement déposés sur la branche cassée.
Je suis ensuite repartie sur le chemin, direction le Sentier. Joie en arrivant à la fourche de voir qu’aucune empreinte humaine n’avait marqué la neige avant moi. Les branches étaient nombreuses à ployer sous la neige, je me suis frayé un chemin comme je le pouvais, soulevant, écartant. Le silence était frappant, marqué seulement du bruit des oiseaux s’envolant à mon approche des buissons où ils étaient abrités.
A l’Autel j’ai laissé ce qu’il me restait de graines, j’ai médité un moment puis ai continué sur le Sentier. C’est là que je me suis mise à avoir froid : mon pantalon était trempé de mon escapade auprès des deux charmes, mes gants plein de neige à force de repousser les branches sur le Sentier et puis l’énergie qui me portait jusque là était en train de retomber, changer… j’avais fait ce que j’avais à faire, répondu présente à l’appel et c’était fini.
J’ai retrouvé la route, suis passée devant la bergerie que j’ai repérée rien qu’à l’odeur avant même de la voir et cela m’a donné… faim (attention, la Louve sort de la forêt !). Je suis retournée à la maison, serrant précieusement mon morceau de bois dans mes mains gelées, fatiguée mais heureuse.

En ce moment, plus que jamais je me pose des questions sur mon chemin… je ne sais pas trop où je suis, où je vais, ce post de Nimue Brown m’interpelle, me rappelle Becoming a Siritual Nomad, l’e-course de Dianne Sylvan que j’avais « suivi »… le plus sage, c’est peut-être encore de me taire, de me poser, d’écouter et de continuer à répondre quand j’entends et de voir ce qu’il se passe…

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