CIMG0046Des lustres que je n’étais montée à « mon » chêne, une éternité que je n’avais arpenté le sentier sous les arbres qui mène à l’autel naturel. Depuis Alban Hefin, pour tout dire :/.

Jeudi (je reparlerai de Samhain plus tard, je pense), j’ai ressenti l’urgence à y aller le plus vite possible, soit cet après-midi (je ne pouvais matériellement pas avant). Je me suis donc exécutée juste après le repas de midi, malgré le temps menaçant. J’ai bien fait : il y a eu du soleil, cela m’a fait énormément de bien de bouger (même si la grimpette était dure) et j’ai retrouvé avec plaisir des endroits maintenant familiers.
Evidemment, tout était bien différent cette fois : le sol jonché de feuilles mortes, les couleurs… on était bien loin de l’explosion de vie de mon dernier passage, avec des fleurs partout, des insectes à foison…

CIMG0038Comme toujours, j’ai ramassé des canettes ou papiers gras ici et là pour les confier à la poubelle une fois revenue à la « civilisation ».
J’avais apporté mes habituelles offrandes (les graines que je dépose en offrande sur mon autel finissent par être déposées sur le chemin, pour les habitants des lieux) et d’autres encore, liquide (le jus de grenade présent sur mon autel de Samhain) ou non (le petit sac dont je parlais et qui après avoir été l’objet d’un rituel de « fermeture » jeudi soir a été dûment enterré à l’autel puisqu’il a rempli son usage).

En chemin, je me suis arrêtée pour quelques mûres qui me faisaient de l’œil au bord du sentier.

CIMG0047En me retournant, je vois des plumes par terre. Plein de plumes. Comme sur un lieu de lutte ou autre… J’y ai vu quelque chose pour moi, parce que des mûres il y en avait ailleurs, avant et je me suis arrêtée précisément là… en tous cas, ça m’a fait « oui » dedans, j’ai remercié et ramassé les plumes du faisan (oui, bon, j’ai demandé confirmation du CTdP en rentrant, parce que les animaux à plumes et moi…). C’est marrant, elles sont toutes duveteuses à la base et la pointe a de jolies couleurs fauves avec des reflets différents selon les plumes. Quelques mètres plus loin, des poils sur le sol. Une grosse touffe, juste sur le bord de la route, pas de buisson ou autre qui aurait pu expliquer qu’ils se soient accrochés. Je suis parfaitement incapable d’identifier son propriétaire, je dois le dire, mais, comme pour les plumes, j’ai ramassé cette touffe de poils, m’y sentant parfaitement autorisée, sans aucun doute possible, sans arrière-pensée.

CIMG0063J’ai continué jusqu’au chêne, toujours aussi beau et intimidant. Après quelques instants pour laisser une partie des graines et méditer, j’ai prolongé ma route jusqu’au Sentier et à l’autel.
Des coups de feu tirés par des chasseurs ont rythmé ma marche et j’avoue que je n’étais pas très rassurée. L’atmosphère est toujours aussi spéciale sous les arbres qui bordent le minuscule sentier et c’est pleine d’allégresse que j’ai progressé jusqu’à l’Autel. C’est là que je suis restée le plus longtemps, confiant à la terre jus de grenade, graines et petit sac avant de méditer.

CIMG0076Je m’apprêtais à partir quand, sous les feuilles tapissant le sol, je vois un bout de branche qui dépasse. Sensation bizarre… je suis mon impulsion et vais le ramasser. J’ai trouvé ma baguette, c’est sûr. Là encore, je ne sais pas de quel bois il s’agit :/ et elle me semble d’un diamètre plus important que celles que je vois habituellement sur le Net ou autre, mais à l’avoir en main, pas de doute : c’est de cette branche que naîtra ma baguette.
Pleine de gratitude, j’ai quitté les lieux avec les présents qui m’ont été offerts, accompagnée par cette étrange sensation que je ne suis pas montée là-haut par hasard aujourd’hui…

A la maison, je me suis occupée de rempoter les plants de mélisse et d’oseille donnés par une amie hier. J’espère qu’ils tiendront le coup et que je vais arriver à bouturer le laurier qu’elle a également donné (même si ce n’est pas le moment idéal pour cela). Je vais faire sécher une partie des feuilles de laurier, j’envisage d’en conserver une autre partie dans de l’huile… il faut que je me penche plus sérieusement sur cette question.
Plumes, poils et racines… je me sens sorcière ce soir…

4 réflexions au sujet de « Plumes, poils et racines »

  1. Ce n’est effectivement certainement pas par hasard que tu es sortie à ce moment-là … La quête de la baguette ne s’explique pas, c’est un instinct qui nous guide, tout ce que l’on peut faire, c’est le suivre ! En tous ça devait être un très beau moment …

  2. C’était vraiment très spécial comme moment, très fort, bien plus que ce que je raconte dans mon billet… mais je suis sûre que les quelques rares personnes qui me lisent savent aussi le faire entre les lignes 🙂

  3. Pour avoir vécu des moments comme celui-là, je peux comprendre ce que tu as ressenti. C’est fou ce qu’un lieu, un moment, peuvent dégager comme énergie !

  4. Absolument… et du coup, à cause de ce moment très fort, maintenant, je suis tout intimidée par ma baguette encore en devenir, pas envie de « me louper », d’en faire n’importe quoi (comprendre « ne pas être à la hauteur du présent reçu »)…

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