20130602J’ai à de nombreuses reprises ( ou encore ) mentionné sur ce blog mon souhait de reprendre mon Livre des Ombres pour en faire quelque chose de plus… personnel. C’est le seul terme qui me vienne bien qu’il soit imparfait.
Bien sûr que ce que contient mon classeur actuel est personnel : ce qu’il contient a été rédigé par moi, j’ai pris le temps de compiler, résumer, retracer, consigner… j’ai tapé ces textes, j’ai décoré ces pages même si je ne l’ai pas fait directement.
Plus le temps passe et plus j’ai envie de pages dans la réalisation desquelles je serais plus physiquement impliquée. Calligraphier, décorer moi-même. Un livre à relier… j’en parle depuis 2008 mais je n’ai jusqu’à maintenant pas été au bout de cette impulsion. Si je m’interroge sur cet élan non concrétisé, je dois reconnaître que c’est en partie parce que j’ai résisté à me conformer à l’image de ce qu’un Livre des Ombres doit être. Le mien, tel qu’il est (c’est à dire un classeur dans lequel les pages tapées et décorées sur l’ordinateur puis imprimées sont glissées dans des pochettes transparentes) ne me satisfait plus entièrement, et ce depuis maintenant plusieurs années, mais ce n’est pas une raison pour croire que l’autre alternative (le grimoire de 1000 pages entièrement fait à la main, calligraphié, décoré à la main aussi) me conviendra.
Il m’a fallu tout ce temps et aussi la pratique du scrapbooking digital pour m’en rendre compte. J’ai rarement une vision complète de mes pages avant de commencer; j’ai besoin de faire bouger les éléments sur une page, de bidouiller, de jouer avec  la taille, les couleurs et pour ce genre d’essais, le recours à l’informatique est pour moi une bénédiction : pas de gâchis de matériel, expérimentations plus rapides que de dessiner, redessiner… Je pense que c’est pour cela que le grimoire m’intimide et ne me convient pas (à moins de faire mes expérimentations hors grimoire puis de reproduire la dernière version au sein du livre… mais ça ne me tente pas de procéder ainsi).
J’ai le sentiment de repartir de zéro dans mon cheminement, de devoir tout redécouvrir, re-explorer ce que je croyais savoir. C’est un sentiment vraiment très perturbant que celui de ne plus rien savoir, de n’avoir plus de points de repère, de bases. Ce n’est pas que je ne sache plus rien, objectivement non, mais c’est ce que je ressens. Dans ce contexte, reprendre mon Livre des Ombres, auquel d’ailleurs je ne veux plus donner ce nom, me semble approprié.
J’ai commencé, c’est un travail en cours, un de longue haleine, un qui probablement ne sera jamais terminé.
Je garde pour l’instant ce qui me convient du passé (classeur / pochettes transparentes) et modifie mon approche en fonction de ce qui me semble juste pour moi : des pages esquissées sur photoshop et prenant ensuite vie sous mes doigts.
Je ne parle pas latin mais je réfléchis à un titre comportant le mot Codex, sans doute attirée par le fait que dans cette nouvelle mouture je vais devoir redéfinir et / ou faire l’effort de préciser mes croyances, ma pratique, mon éthique… codex me plaît, parce que ce nouveau livre sera le code, le guide selon lequel je vis.

2 réflexions au sujet de « RLF : Livre… »

  1. Comme je te comprends … J’ai passé quasiment toute ma vie de sorcière à faire et défaire des Livres des Ombres, à réécrire mille fois la même chose, ou à modifier sans arrêt, à arracher des pages, des cheveux, perdre du temps, de l’encre, du matériel, aimer quelque chose, le détester quelques années après … Quel bazar !
    Et puis je me suis aperçu que, tout comme je suis loin d’être parfaite, mon Livre ne pouvait pas être parfait. Je l’ai accepté, même si ça a été très difficile. J’ai accepté qu’il ne soit pas organisé, en désordre, qu’il ait des ratures, des fautes d’inattention corrigées au crayon de papier, des tâches d’encre …
    Parce que, si je voulais un Livre tel que je le rêvais (un énoooooorme machin calligraphié), c’était la condition sine qua non.
    Le Livre est le reflet de notre parcours, de notre évolution. Puisqu’on ne cesse jamais d’apprendre, comment pourrait-il être parfait ?

  2. Ce n’est pas tellement la perfection que je cherche je crois, mais plus, justement, quelque chose qui puisse être au mieux le reflet de moi et de mon parcours…
    L’énorme machin calligraphié, j’ai mis du temps à comprendre que ça n’était peut-être pas « moi », tout comme le « tout geek » n’est pas « moi » (ou pas autant que je le croyais initialement).
    Je pense avoir trouvé la voie qui me convient et me correspond, mais je suis bien consciente que ça aussi, c’est susceptible d’évoluer (je ne suis tout simplement peut-être pas encore « mûre » pour l’énorme machin calligraphié 😀 ??!).

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