Le mois de juillet n’est pas de tout repos par ici. Mon processus thérapeutique (mais pas que) suit son cours et il est parfois beaucoup plus mouvementé que ce que j’aimerais, surtout en ces temps de grossesse. Je suppose que de toutes façons rien n’arrive qu’il ne soit temps pour moi d’affronter et auquel je ne sois capable de faire face, même si je peux parfois penser le contraire quand je suis découragée de devoir cent fois sur le métier remettre mon ouvrage…

En novembre dernier, lorsque j’ai emménagé dans l’appartement que j’occupe actuellement, j’ai laissé beaucoup de choses stockées dans mon ancienne maison : le père de mes enfants ne voyait aucun inconvénient à ce que la grande majorité de mes affaires reste en l’état dans le bureau, le temps que je sois pleinement disponible pour trier et vider la pièce en question. Il a finalement décidé au printemps de faire des travaux dans la maison, pour la réalisation desquels il est devenu nécessaire que je récupère enfin ce qui m’appartenait. Les travaux étant prévus en juillet, le nécessaire si longtemps procrastiné est devenu urgent. Ma grossesse a contribué à ce que cette tâche de tri, encartonnage et déménagement ne soit pas facile pour moi : physiquement, je vois bien combien mon corps n’est plus celui d’il y a six ans (et déjà, il y a six ans, je constatais la différence avec mes deux grossesses précédentes !) et que j’ai moins de ressources qu’avant. Outre la difficulté physique, j’ai du faire face au fait que mon deuil de certaines choses était encore en cours, contrairement à ce que je voulais bien (me faire) croire : retomber sur des papiers d’avant, des témoins d’un autre temps, d’espoirs déçus, d’attentes, de moments joyeux aussi puisqu’il y en a eu, m’a obligée à boucler des boucles quant à mon mariage, la relation d’avant avec le père de mes trois enfants, qui j’étais ou qui j’évitais d’être… J’ai réussi à jeter des choses qui pourtant me suivaient depuis de nombreux déménagements : des cours de maîtrise, des cours de mon DULCO. Je ne sais pas trop pourquoi jusque là j’avais été incapable de les jeter, mais là, je l’ai enfin fait. Je n’avais pas prévu que j’aurais à affronter l’ambivalence dans laquelle cette opération de tri et de délestage m’a plongée : à la fois un grand sentiment d’euphorie et de liberté, non sans lien avec la place ainsi libérée physiquement, mais aussi une énorme tristesse sur laquelle je n’ai pas encore réussi à mettre tous les mots. Peut-être de la nostalgie, de la peine aussi pour celle que j’étais et ce qu’elle a vécu toutes ces années en arrière. Comme il était urgent de vider le bureau, je n’ai pas eu le temps de tout trier là-bas et j’ai fini par encartonner en vrac et par tout stocker dans la chambre de mes deux petits de façon à enlever mes affaires à temps pour les travaux. Depuis je trie. Ou plutôt, je suis supposée trier, mais je me heurte à de nombreuses résistances. Intellectuellement, je sais que certains documents, magazines, livres etc. non relus ou réouverts depuis des lustres ne sont pas à garder, pas même pour la valeur sentimentale puisque bien souvent ils n’en ont pas. Pourtant je n’arrive pas à les jeter. Comme si les jeter signifiait jeter une part de moi-même en même temps. Je ne sais pas pourquoi je suis ainsi accrochée à ces choses quand dans le même temps j’ai une furieuse envie de place, de légèreté, de simplicité, de désencombrement, d’organisation comme en témoignent mes surfs récents et mes relectures de ces derniers jours. Je dois faire face à mes paradoxes et contradictions et je dois dire que c’est tout sauf facile. Sans aucun doute, sortirai-je grandie et apaisée de ces temps de bouillonnement intérieurs, mais en attendant de savoir quelle place physique laisser au passé dans mon nouveau chez-moi, reflet sans nul doute de ma façon d’intégrer le passé au présent et témoin de ma confiance (ou manque de !) en la Vie, c’est la tempête. Comme le hasard n’existe pas, je suis de fil (de souris) en aiguille retombée sur ce billet écrit par Leo Babauta (qui lui aussi met en pratique* GTD – Getting Things Done – de David Allen, toujours pas de hasard) en juillet 2009 dont je garde précieusement en tête les dernières lignes : Realize that life, not stuff, is what matters. Objects are just objects — if you lose them, if they get stolen or destroyed … it’s not a big deal. They’re just objects — not your life. Your life is the series of moments that is steaming through your consciousness right now, and how you use those moments and what you fill them with is what truly matters, not what you fill your home with. At the end of this short journey, you’ll look back and remember your experiences, the people you loved and who loved you back, the things you did and didn’t do. Not the stuff you had.
En laissant aller toutes ces choses pour ne garder de la place que pour ce et ceux qui comptent, sans nul doute pourrais-je moi aussi créer mon Goddess Haven :).

*My GTD implementation
Beginner’s Guide to GTD

4 réflexions au sujet de « Life, not stuff »

  1. coucou Aegiale!

    j’espère que tu as reçu ma lettre!
    je suis heureuse que tu ai repris du service ici!
    où en es tu de ta grossesse?
    courage!
    c’est déjà pas évident de faire du tri en général,de ranger et de se séparer de pans entiers d’une vie d’avant….
    mais après on est plus légere et ça fait du bien!
    prend ton temps^^

    • Oui, oui, Sari, j’ai bien reçu ta lettre et je t’en remercie ici du coup puisque entre mes opérations de tri & de récupération des gnômes je n’ai pu le faire par courrier 🙂
      J’en suis au 6ème mois, DPA pour fin novembre. J’espère que tout continue à bien se passer pour toi 🙂
      Oui, je me sens plus légère sans toutes ces choses accumulées que j’ai réussi à jeter et puis ça modifie aussi l’énergie dans la maison mais ça n’est pas évident de lâcher prise, enfin, ça n’est pas évident pour moi sur ce sujet-là…

  2. ok!pas de soucis!^^
    fin novembre!ça me laisse le temps de te concocter un petit quelque chose!
    ¤¤cool¤¤

    je pensais à toi il y à peu,mon père me demande de trier dans de vieux trucs depuis un bail…je lui ai dis de tout bazarder…si je m’en passe jusqu’à présent,je vais continuer ainsi!
    pas le courage de trier!

    prend soin de toi!
    moi tout se passe au poil,mon petit en siège vient de se retourner!
    il est chouette!♥

  3. coucou je pense bien souvent à toi!qui va bientôt agrandir ta tribu!!
    courage pour ces derniers instants qui j’espère se passent sereinement!

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