Depuis quelques jours, j’ai à nouveau la chanson de Tanya Davis dans la tête. Et je trouve ça plutôt chouette.
Je voulais peindre lundi soir, mais j’étais fatiguée. J’avais prévu de peindre hier soir, mais je me suis écroulée sur le canapé le repas à peine fini. Ce soir par contre, j’avais décidé qu’après manger, hop hop hop, je sortirai mes peintures et du papier et au travail ! Ce que j’ai fait.
Je suis très heureuse de cette soirée. Pourtant, j’ai des choses à redire sur les peintures… mais : j’ai aimé le processus, j’ai aimé peindre, j’ai aimé à chaque fois que j’arrivais à être « dedans » ou encore mieux, chaque fois que j’arrivais à tirer la langue à ce rognotudju de critique intérieur en lui disant « m’en moque, j’ai du plaisir à ce que je fais, rien d’autre ne compte ! ».
Mon sentiment est mitigé sur la première peinture. Non, en fait pas mitigé du tout : je ne l’aime pas. Je sais qu’elle est terminée, ce n’est pas le problème, on a fait tout ce qu’on avait à faire ensemble et je ne l’aime pas. C’est comme ça. Peut-être que c’est parce qu’à un moment j’ai eu une idée de ce que je voulais faire et qu’ensuite, plus tard, je me suis laissée aller à suivre le flot. Du coup, je me sens sans doute déchirée entre l’attente du résultat que j’ai envisagé à un moment et la concentration sur le processus : je n’ai pleinement réalisé aucun des deux, à la place j’ai une espèce de truc un peu bâtard qui est d’abord parti vers un résultat et puis s’est terminé un peu en cacahuète à être centré sur le processus. Et puis le fait d’avoir été interrompue juste après avoir commencé n’a sans doute pas aidé. Je n’avais qu’une envie, retourner peindre, me plonger vraiment dedans et en même temps, je me suis sentie obligée d’écouter, parce que ça m’intéressait… clairement, ce n’était pas le moment pour moi, je n’ai pas su poser mes limites et une part de cette frustration-là se retrouve sans doute dans la peinture.

Avec la seconde, j’ai un peu plus un sentiment d’accomplissement. Même si mon Critique Intérieur n’arrête pas de me parler du orange trop près du rouge, même que c’est pas beau vu que les teintes sont proches. Même si je trouve qu’effectivement le orange est trop près du rouge (et là, je me demande pourquoi je n’ai pas suivi mon premier mouvement qui était d’y mettre du jaune….) et que ce n’est pas un positionnement des plus judicieux, je suis quand même contente parce que j’ai eu plaisir à peindre ce dessin. J’étais vraiment dans le processus, et mon critique intérieur a fermé sa grande bouche… la plupart du temps. Faut pas exagérer, j’ai quand même entendu bien des choses, de « comment ça se fait que t’es pas fichue de peindre sans que les coups de pinceau soient apparents ? » à « ah, tu vois: trop d’eau ! Et encore, t’es sûre qu’il soit nécessaire d’utiliser de l’eau avec de l’acrylique ? » en passant par plein d’autres aussi charmantes, encourageantes et soutenantes. Là où c’était chouette, c’est d’avoir été capable, la plupart du temps d’écouter cette voix et d’en quelque sorte lui tirer la langue en pensant « et alors ? On s’en fiche, JE m’en fiche, je prends plaisir à ce que je fais et j’ai bien l’intention de continuer ainsi ». Je sais que ça ne sera pas toujours aussi simple je sais qu’il y a des fois où mon Critique Intérieur va se la jouer caïd qui prend tout le monde en otage. Mais j’aime à croire que me souvenir de ces mini semi-importantes victoires contre lui m’aideront quand les temps seront plus difficiles.

Une réflexion au sujet de « BIG – Semaine 1 (suite) »

  1. Que j’aime partager avec toi ces moments de dialogue intérieur – je m’y reconnais tellement !
    Et trouver cet équilibre entre « process » et « result », quel défi. Je ne m’en approche pas pour l’instant.
    Merci Aegiale, merci!

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