Je voulais une séance sur le corps. Une où elle s’intéresse à mon ventre, gonflé au point que samedi, malgré la fin approchante de mes lunes, un client m’a dit :
– Oh, mais tu es enceinte ?
– Ben non, je suis juste grosse… et ton café, tu le veux avec ou sans élan ?!
Donc voilà, je voulais une séance sur le corps. Comme d’habitude, j’ai commencé par parler un peu, faire le pont entre la séance d’avant et celle-ci. Et là, il m’a fallu dire la réaction des enfants à qui la nouvelle a été annoncée. Et les autres personnes qui ont été mises au courant.
Dire ma nouvelle meilleure copine.
Dire aussi mon sentiment que lui et moi on joue au chat et à la souris. Et de réaliser alors, puisque je venais de parler des coups de fil loupés, que ce qu’il se passe avec lui est un sacré parallèle avec ce qu’il se passe avec mon père. Je ne sais pas comment je vis le fait de réaliser qu’à 36 ans, je cherche mon papa. La dernière séance déjà, j’avais pris conscience du parallèle entre ma relation de couple finissante, une dans laquelle on ne me voyait pas, et ma relation à mon père.
Un jeu de rôle, une mise en scène pour voir. Comprendre ce que ça me fait d’être baladée. Connecter à ce dont j’ai besoin. Voir comment je me positionne sur le côté, pas face à elle. Explorer mon positionnement dans cette relation, dans ma relation à lui aussi. Vivre combien je me protège en ce moment. Il faudrait quoi pour que je puisse être face à face dans la relation ? Etre regardée ? « Etre regardée pour exister ? » me suggère-t-elle encore. Non, pas exister. Compter. Etre regardée pour compter, pour savoir que je compte.
Compter pour…compter sur. Elle me demande de montrer comment ça serait physiquement. Un qui enlace, puis est enlacé à son tour. J’ai besoin des deux. J’ai besoin de compter pour Papa et de compter sur Papa. Intellectuellement, je le sais que je compte sur et pour; mais mon besoin n’est pas dans ma tête.
Et la boucle est bouclée, avec mon sentiment de ne pas compter pour lui.
Au final, je n’ai pas dit 2003 que je ne comprends pas et je n’ai pas dit tout le reste non plus, l’automutilation intellectuelle et les pistes à explorer pour comprendre les engrenages qui tournent désormais à vide dans ma tête. A final, je n’ai pas dit que je voulais une séance sur le corps, je n’ai pas eu ma séance sur le corps, mais je suis ressortie apaisée et centrée. Mon corps attendra la prochaine fois.

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