Je m’étais fait une liste dans ma tête pour ne pas oublier ce dont je voulais lui parler : de lui, de lui aussi, de ma soeur, de ma séance d’osthéopathie-mtc-thérapie barrée, de mes impressions suite à notre dernier RDV, des serpents. Lui parler vite pour tout aussi vite revenir au corps, continuer à purger, briser en petits morceaux le gros iceberg dont je n’ai qu’effleuré la pointe il y a quinze jours (oui, finalement, financièrement, je n’avais pas les moyens de faire une séance intermédaire).
Elle a remarqué que je ne portais pas cette fois LE collier, mais le triple-lune.
J’ai commencé par lui dire mon sentiment d’iceberg justement, le long moment dans le parc juste après la dernière fois. Elle a répliqué oignon, pelure… j’ai acquiescé, affirmé avoir confiance dans le fait que je ne laisserai partir que ce que j’étais prête à laisser partir. Pas de décompensation en vue, de déboussolage… juste un allègement des fardeaux, des valises qu’on laisse parce que devenues inutiles.
Et puis, j’ai dit ses mots à lui, inattendus, sa pulsion du moment. Mon mouvement de recul dans un premier temps. Mon incapacité à juste accepter. Ma difficulté à trouver la ligne fine et presque invisible entre d’une part le lâcher-prise auquel il me force et qui est bon pour moi (parce que j’apprends ainsi à me nourrir moi-même, à n’être pas dépendante) et d’autre part le respect de moi-même, de mes limites. Elle m’a demandé ce que ça m’avait fait de l’entendre. J’ai répondu avec ma tête. Elle a souri et m’a dit « non, dans le corps ». Je lui ai montré où c’était tout doux et pétillant. Je lui ai montré mon coeur qui battait.
J’ai raconté ensuite ses mots à lui, ou plutôt leur effet sur moi. J’ai dit les larmes, l’émotion. La tristesse et en même temps la gratitude, la reconnaissance. Qu’en le lisant, ses mots à propos de mon père m’avaient touchée très fort. Que j’ai été surprise par le reste, me concernant. Que ça touchait quelque chose de plus profond chez moi, peut-être parce que ça nourrissait l’ancienne moi. Qu’en le lisant, une phrase d’une chanson de Cohen, There is a crack in everything, that’s how the light gets in, m’était revenue… que j’étais juste très triste à l’idée que j’étais à l’époque toute fêlée, toute cassée et que malgré tout au milieu des décombres, y’avait une lumière en moi, que les autres, que lui, arrivait à voir, mais que moi je n’arrivais pas à la voir. J’avais apporté une copie de ses mots. Avant de lire, elle m’a demandé où ça me nourrissait. J’ai montré mon ventre. Pendant qu’elle lisait, silencieusement (suivant ma préférence), elle m’a proposé, puisque c’est une chose à laquelle je suis ouverte et pour laquelle je suis en demande, de méditer, de me connecter et de voir quel chakra ses mots viennent toucher. J’ai exprimé ma surprise que ça se passe au niveau racine, je voyais spontanément (intellectuellement ?) ça plus haut, dans mon ventre. Et à la réflexion, ce n’est pas surprenant… ne lui ai-je pas répondu que Les racines qui sont miennes à ce jour et qui sont plantées tellement profondément en terre que rien désormais ne pourrait me me faire m’envoler, elles partent de ce point précis, celui où, pour synthétiser, quelqu’un a dit que je valais la peine ?
Elle m’a demandé de m’allonger ensuite et de rester avec mes chakras et de voir l’amour qui circulait, de sentir l’amour que j’ai reçu de ces deux hommes. De prendre conscience que ce que j’ai pu laisser partir la séance dernière est aussi ce qui m’a permis de recevoir ce dont j’ai besoin en ce moment où je suis vulnérable. C’était doux et chaud, tourbillonnant, à la fois léger comme une caresse et profond. J’ai retrouvé le sentiment d’avoir à la fois des racines et des ailes qui m’habite parfois depuis octobre 2008. Et puis elle a rajouté un troisième homme, pourtant le premier… elle m’a demandé de penser à l’amour que mon père me porte, à voir où ça me nourrit. Mon premier mouvement m’a portée vers ma tête. Et puis j’ai laissé venir, et senti que lui, il était pour le coup, vraiment au niveau de mon nombril. Amusant de constater qu’il se trouvait entre les deux autres. Je suis restée un moment comme ça, à flotter. J’étais bien, j’avais chaud, mais pas trop, comme dans un nid douillet. Elle m’a proposé d’ajouter un autre homme, mais c’était juste pas possible pour moi, pour le moment cet homme-là, il est en-dehors, je ne veux pas penser à l’amour qu’il a pour moi. Elle a ensuite choisi une peluche, un grand lapin, pour que je le prenne dans mes bras ou autrement, juste pour arriver à partager tout cet amour que je sentais, qu’on m’avait offert avec celle que j’étais il y a 16 ans. Je me suis accrochée à lui comme à une bouée avant de me sentir plus forte, plus grande que lui. A un moment j’ai ri, à cause du clin d’oeil que représentait le lapin. Je l’ai serré fort, je lui ai caressé la tête. Je l’ai bercé. Et puis tout doucement, juste au creux de son oreille longue et poilue, à mon tour j’ai dit « je t’aime ».

Il y a là, l’amour, tout simplement.

(merci M’J’ pour ce Il y a… et pour le reste aussi)

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