Hier – enfin, techniquement, avant-hier – a été un mardi chargé et mouvementé. Et après une nouvelle lune aussi décoiffante que l’avait été la pleine lune d’août dernier, voilà qui explique en partie au moins ma grande fatigue du jour.

J’avais rendez-vous à 10h pour une séance de psychophanie. Le but: explorer ce qui concerne mon jumeau, voir ce que mon moi profond a à en dire.
V.B. a commencé par m’expliquer ce qu’est la psychophanie (sans me cacher les accusations de sectarisme), comment la séance allait se dérouler. Comme elle travaille aussi en transgénérationnel, nous avons fait un rapide tour de mon arbre généalogique et j’ai pu prendre conscience de certains schémas quant aux dates familiales.
La séance a commencé par une relaxation et j’étais à la fois là et pas là, sensation vraiment bizarre. Comme si mon « moi », mon « ego » laissait la place vacante.
Mon doigt, aidé par sa main a tapé, tapé, parfois avec douceur, parfois avec force et conviction. C’était un ballet étonnant. Et le texte qui est sorti de cette séance, waow. Je suis d’autant plus époustouflée que dans ce texte, il y a une phrase que j’ai déjà écrite dans une poésie, il y a longtemps. Je garde bien présent à l’esprit qu’un texte écrit en psychophanie n’a pas force de vérité historique ni valeur de témoignage. La psychophanie permet d’accéder à un registre émotionnel et non informatif, c’est même ce que je cherchais… et ça me parle, ça me hurle même.
Nous avons fait une sorte de mini constellation familiale avec des poupées en bois. J’en ai choisi une pour me représenter, une autre pour mon frère et j’ai répété, quand elles me convenaient, les phrases proposées par V.B. Et puis, elle m’a demandé si c’était ok pour moi de confier mon frère à Marie, dont elle garde une statuette dans son bureau. Ca a résonné très fort avec une récente conversation au cours de laquelle Marie a été évoquée et, oui, ça sonnait juste, parfait de lui confier mon frère. J’ai niché la poupée représentant mon frère aux pieds de la statuette de Marie, V.B. m’a passé la bougie allumée qui était sur une tablette et je l’ai posée à côté de mon frère et de Marie. V.B. m’a dit qu’elle laisserait la bougie s’éteindre seule et ne bougerait rien avant que la bougie ne se soit éteinte.
Nous avons ensuite conclu la séance.

grand chambardement en moi; je me sens prisonnière d’une force que je ne connais pas, une force simpliste qui me conduit à des manquements de moi; force gouvernante qui me murmure des accents de tristesse; avec mon coeur je lutte pour ne pas me faire envahir; pourtant elle devient parfois plus forte et elle me met à terre; car sa vivacité me surprend quand je me sens quelque fois otage d’elle;
savoir comment je peux trouver force de vie plus forte pour que ma vie ne soit plus otage d’un mort; oui d’un mort qui me hante toujours comme si ma vie ne pouvait m’appartenir vraiment, je suis parfois en colère de devoir faire hommage a une histoire qui m’a laissée pantoise; je fuse de toute part et mon énergie s’en va comme si je la laissais se diluer avec fracas;
je suis terrassée parfois d’une onde de choc qui m’engloutit a petit pas; je lutte je lutte mais c’est comme si la vague était plus forte que la vie; une vague de fond une vague de froid;;
vers ou me tourner pour voir la lumière je ne sais pas dans ces moments là; il arrive aussi que mon coeur chante aussi une chanson si douce que je me mets à pleurer de tout mon corps; envahie je suis et je me demande toujours pourquoi;
pourquoi,
sa cachette me surprend; me donne le tournis: cachette dans le ventre de mère ou je l’ai longtemps cherché, abandonnée je me sens alors qu’il était si vivant près de moi; rire ensemble et je le cherche je le cherche et il n’est plus là; terrassée je suis;

pouvez vous continuer à libérer cette mémoire ?
fatigue inouïe je suis épuisée de cette lutte qui me coupe de ma vie; je suis presque hantée comme une maison qu’on habite a deux et que l’autre n’occupe plus; oui voilà on choisit une jolie maison et on décide de l’habiter; c’est le grand bonheur et soudain je me perds dans les souterrains toute seule tout est trop grand trop vide trop absent; pourquoi pourquoi cette fuite sans rien me dire; cette absence que je subi comme un sortilège qu’on m’aurait lancé; Alors oui tu es comme un vivant sortilège que je porte en moi comme une bouée; une bouée de mort qui me plombe les pieds; bouée pour ne pas te laisser tomber;

quel ressenti encore à exprimer ?
je me sens malheureuse seule et c’est l’éternité;

comment pouvez vous transformer cette mémoire,
me dire que la charge de l’un n’est pas la charge de l’autre; charge différente pour vie différente; c’est comme si nos missions de départ sont autant de faits différents; lui part et moi je reste porteuse d’une énergie démultipliée; c’est un choix de lui et je l’accepte car c’est comme ça que c’était écrit pour nous deux; il me laisse la douceur de son amour et me donne sa mort comme une pale figure connue;

que voulez vous dire
je dis que sa mort est juste une autre départ convenu; c’est une forme de nouveau voyage comme si la destination devait se changer pour me laisser plus d’espace dans mon propre voyage; pas de pleurs juste de l’acceptation car son nouveau voyage est une superbe destination; bien sur je suis triste un temps car
j’aimais sentir sa douce présence mais nous convenons tous les deux que l’absence n’est qu’une forme de protection qu’on cherche à se glisser dans les corps pour ne pas se sentir seul; oui absence est juste une fusion arrêté qui me laisse tout loisir de m’expanser; toute ma charge du coeur est intacte alors pas de quoi se sentir triste et apeurée; aurevoir je lui dis vis bien ton nouveau voyage; il est radieux et m’envoie des baisers du bout de ses doigts;

[constellation]

cachette du coeur recèle des trésors d’amour; voilà je garde ce trésor comme un bien précieux qui est un cadeau et plus un poids que je porte comme un boulet; soulagement est comme un souffle d’air pur qui peut s’installer dans mon coeur et dans ma vie;

et souffle c’est l’amour voilà fin

Ensuite, hammam entre filles. J’avais besoin de la vapeur, de cet univers féminin, du ventre, du cocon. De la chaleur, pas juste physique, celle du coeur aussi.

16h, l’heure de ma consultation avec Alice Kara. Et là aussi. Waow. Très riche, très fort… A commencer par le moment où je lui explique que j’ai juste une question à propos de mon passé. Je raconte Vipassana et ce qui est remonté, mais je n’ai pas le temps de finir qu’Alice me dit « mais c’est pour vous alors ! ». Et entreprend de me raconter un rêve qu’elle a fait récemment, dont elle pensait que c’était pour quelqu’un qu’elle venait de voir en consultation mais à qui ce rêve n’a pas parlé :
C’est assez délicat à demander, mais as tu un frère décédé ?
Si c’est pour toi, il est venu me voir en rêve et m’a dit simplement « Tout va bien, nous nous retrouverons, mais pas tout de suite » il avait l’air d’un très beau jeune homme, 25 ans peut être, brun, élancé.
[…] j’avais aussi dans la tête le chiffre 2 (jumeaux) qui m’est arrivé comme si il se rapprochait en « perspective » et me fonçait dessus, c’est ce qui m’a réveillée.

J’ai également vu certaines de mes intuitions confirmées et ça m’a fait du bien. Et je crois que je suis tombée en amour avec l’Oracle de la Triade par la même occasion :).

Retour à la maison, et un chouette cadeau, un carnet magnifique dans lequel je vais calligraphier.

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