… samedi, il me redisait une fois de plus combien il était étonné de toujours me voir avec un sac à dos si lourd en plus de mon sac à main rempli. D’aussi loin que je me souvienne, ça a toujours été ainsi: il y a des choses sans lesquelles je ne peux pas quitter la maison, j’ai besoin d’emmener avec moi une partie de mon univers ce qui fait que je suis toujours chargée.
Dimanche, dans le bus qui me ramenait à la maison, je poursuivais ma lecture. Et j’ai fondu en larmes en lisant ces lignes :

Nous avons constaté que certains de nos clients arrivent souvent avec un sac-à-dos bourré, qui remplace en fait le jumeau perdu. Avec un sac sur le dos, les jumeaux survivants ne se sentent plus aussi seuls. Un sac à main toujours bourré a le même effet de remplacement pour un jumeau.

Le syndrome du jumeau perdu, Alfred R. et Bettina Austermann, p. 160

J’ai commencé dimanche à rédiger le récit de mon expérience de Vipassana. J’ai forcément repensé au moment où j’ai su, sans aucun doute possible, que nous avions été deux dans le ventre de ma mère. Et j’ai repris dans la foulée la lecture entamée il y a quelques temps du livre des Austermann. Depuis hier, j’ai commencé à écrire dans ma tête une lettre à mon frère. Je suis enfin prête à faire mon deuil après toutes ces années. Demain je vois ma thérapeute: je pense que nous allons nous mettre d’accord sur un travail corporel pour guérir cette blessure encore à vif malgré le temps qui a passé. Il me manquera toujours je crois, mais je ne serais plus en manque. J’espère.

2 réflexions au sujet de « Histoire de sac… »

  1. Quelle expérience bouleversante ça a dû être…. Je ne sais pas pourquoi, mais je crois pouvoir imaginer ce que cela a pu produire en toi. Je suis impressionnée que tu puisses mettre si rapidement des mots clairs et lucides sur ce vécu très fort. Je crois que tu débloques des verrous….

    Nota : j’ai eu un petit sourire en lisant l’anecdote de façon détachée, car je sors TOUJOURS avec mon sac plein à craquer, je DOIS y mettre tout un tas de trucs… un peu comme un autel (profane) portatif quand on y pense.

  2. J’ai vraiment le sentiment d’avoir trouvé la clé qu’il me manquait depuis toutes ces années pour comprendre, pour ME comprendre. Je vais devoir faire mon deuil, mais avant cela, il va me falloir creuser la question, reconnaître et vivre le lien d’amour qui m’unit à mon frère… je me sens tellement plus sereine depuis, même si c’est encore tumultueux en surface, je sens mon centre enfin apaisé…
    Merci pour tes mots… (et j’ai souri en lisant que tu sors toujours avec un sac rempli à craquer, je crois que chez moi, il y a plusieurs choses qui se croisent pour expliquer mes allures de mulet quand je sors 😀 ).

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