danseVendredi soir, l’air de rien comme ça, on m’a fait cadeau d’une clé.
Je n’ai jamais dansé. L’honnêteté m’oblige sans doute à avouer que je me souviens avoir dansé à trois reprises dans toute ma vie : une fois, enfant, en Martinique, une biguine version balai bien raide. La fois suivante, au lycée, un rock avec une copine qui a fini par me demander agacée d’arrêter de sauter. La dernière fois, j’étais en fac et des copains avaient trainé la « designated driver » que j’étais (je ne bois pas, je suis pratique comme copine à avoir our les soirées) en boîte où j’avais fini par céder et danser un coup histoire qu’on me foute la paix.
J’aurais bien voulu danser, participer avec les autres, entrer dans la ronde… mais comment dire… je sais pas : je l’ai jamais senti.
Mon fils aîné tire sans doute un peu beaucoup de sa mère à ce niveau : moi comme lui, lui comme moi, on est dans nos têtes, pas dans nos corps. Nos corps, on ne les habite pas, ils nous enveloppent, nous encombrent un peu. Donc voilà, j’aurais bien voulu danser, apprendre… mais il y avait toujours ce sentiment de décalage, d’être « à côté » qui me semblait et était incompatible avec la danse.
Et puis vendredi soir, un repas, un concert et une soirée zouk. Mission assignée à F. : m’apprendre à danser le zouk. Déjà, il y a un progrès, je suis partante pour essayer, tenter. Je danse avec F., moins empotée qu’à mon habitude. C’est que mon corps et moi on s’est un peu réconcilés depuis. C’est chouette d’en avoir confirmation comme ça, en passant. Et puis, je danse avec J.-P. Que je préviens d’emblée : attention, je ne danse pas, je sais pas, c’est la première fois aujourd’hui. Regard surpris, interloqué. Il creuse la question. Ne me crois pas. M’imagine échappée d’un monastère tellement c’est inconcevable pour lui. Et il a ces mots qui m’ouvrent grand une porte : « mais, la danse, c’est…. la vie ». En effet.
Et je comprends tout à coup pourquoi il m’était impossible de danser jusqu’à maintenant. Pourquoi la danse orientale m’a attirée il y a quelques mois et pourquoi je n’ai pas pu poursuivre ce chemin-là à ce moment-là.
Je me demande si un jour j’arriverai à entendre le rythme, à le sentir, à l’expérimenter dans mon corps. A vivre, ici, maintenant, à « suivre la musique » au lieu d’être à côté.


Des fils à dérouler ?
Danse avec la vie
Biodanza

5 réflexions au sujet de « La danse et la vie… »

  1. C’est vrai, « la danse c’est la vie ».
    même quand on est à côté ce qui compte c’est de s’amuser, non ? 😉
    (enfin, je dis ça maintenant, mais il y a quelques années, danser je ne savais pas non plus … )
    Bises !

  2. Je ne suis pas sûre qu’on puisse vraiment s’amuser en se sentant « à côté », c’est… aliénant, de se sentir « à côté ». Enfin, je trouve.
    Des BizZzZZzzes à toi !

  3. Je ne sais pas, je n’ai pas eu conscience d’avoir changé.
    Mais, avant je ne savais pas danser, c’était dans ma tête et mon corps était raide.
    Et puis il y a quelques années j’ai pris des cours de danse orientale, même pendant ces cours j’avais l’impression d’être un éléphant.
    Ces cours, ça a juste été quelques mois. Mais depuis, je laisse faire mon corps, et tant pis si je ne suis pas « en rythme ». Je danse, et c’est tout.
    Peut-être qu’il me fallait juste un peu d’assurance et de lâcher prise …

  4. (et désolée si ma réponse est « à côté », dans la danse ça va à peu près mais dans d’autres domaines je me sens encore souvent pataude comme une éléphante )

  5. Pourquoi ta réponse serait-elle à côté ? *Merci* de partager ton expérience en la matière… parfois les choses se dénouent, on ne sait pas forcément toujours comment, ni pourquoi, ça arrive, c’est tout, quand c’est le moment…

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