Enorme brassage hier avec ma thérapeute. Retour sur mes « mal à dit » avant d’aborder le gros morceau de la rentrée scolaire.

Oh, avec les mots, ça va, je suis à l’aise, en relative zone de confort. Mais dès qu’il faut sentir, ressentir, être là, vivante, pleinement dans le moment : c’est le blanc, le vide, y’a rien. Comme un énorme rideau de fer qui se baisse, lisse, brillant, impénétrable. J’arrive à dire la peur. Peur de blesser ceux que j’aime, peur de me tromper. Peur de rentrer dans le cadre, plus rien qui dépasse. Cassée, enfermée, cadrée. Débat sur le mot « cadre », sur le contenant…  il paraît que quand je viens ici, il y a un cadre. Moi je ne le vis pas ainsi, ce sont plus des « guidelines ». Vraiment, le cadre pour moi, c’est tout sauf l’espace, la liberté. Le cadre me coince, me brime, me brise.

J’arrive à dire, pas à faire même quand j’y suis invitée. Envie de me cacher. Où ? Pas sous la table, trop évident. Dans mes rêves quand je dois me cacher je suis paralysée et ne trouve que des cachettes très en vue, inutiles. Effort dérisoire. Je n’arrive pas à la regarder. Mon regard est posé sur le mur à côté, ou en bas, mais je ne peux pas la regarder. Elle m’invite à le faire. C’est trop. Pas possible pour moi de voir l’accueil, la compassion, l’écoute dans ses yeux. Pas possible. Peut-être parce que c’est susceptible de faire voler en éclat le grand rideau de fer et que j’ai peur de ce qu’il y a derrière. Peut-être que j’ai peur qu’il n’y ait rien. Rien derrière les mots, rien derrière le rideau. Rien derrière le regard. Juste une coquille vide. Sans âme.

Me cacher. Sous la couette. Cocon cosy. Et puis on peut toujours glisser un oeil pour regarder. Des fois qu’il n’y ait en fait aucune raison d’avoir peur. La peur est valide, même si elle n’est pas « raisonnable », elle a le droit d’être. D’être entendue, reconnue, d’exister.

J’arrive à la regarder. Mes yeux touchent les siens. Brièvement d’abord. Puis de plus en plus longtemps. Je suis à l’agonie. Je pleure. Le voile devant mes yeux se déchire. Le rideau se fissure. Pas trop longtemps, pas trop et pas trop vite, pas plus que je ne peux supporter. Je ne sais pas ce qu’il y a à réparer, à guérir. Mais est-ce utile de le savoir pour guérir ?

2 réflexions au sujet de « Fenêtres de l’âme…. »

  1. … Je ne sais pas quoi te dire, c’est difficile de trouver les mots. Pour avoir fait plusieurs mois de thérapie, je devine entre les lignes de sensations, je peux m’identifier. De ce que je vois, tu as l’air de faire un travail très en profondeur… c’est « touchant » de voir que tu te livres de cette façon ici. Je vois comme c’est dur… Accroche-toi. Le travail est parfois très long avant qu’on puisse prendre le recul nécessaire pour voir les résultats, mais à la « fin » c’est tellement délivrant et gratifiant.

    Courage.

    • Je ne suis pas certaine qu’il faille « dire », nécessairement, mais c’est quand même tout chaud de se savoir lue et entendue… c’est plus facile pour moi à accepter avec la distance de l’écran et du clavier. La thérapie, ça fait un moment que je pratique, et j’ai depuis un an avancé comme jamais parce que cette fois on ne s’adresse pas juste à ma tête mais aussi à mon corps. Je n’aurais pas été capable avant de faire ce travail, il ne m’aurait pas convenu… là, j’ai trouvé la bonne personne au bon moment… ça sera long, peut-être, ce n’est pas important : je me sens en chemin, tant que j’avance tout va bien, même si la route est caillouteuse et que parfois je me sens pieds nus…..
      Merci pour tes encouragements….

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