Le temps passe vite et tout semble aller en s’accélérant… un premier déclic début octobre 2008 et comme un circuit de domino cascade, le reste a suivi jusqu’à aujourd’hui. Des rencontres bien minutées qui me conduisent à défaire des noeuds, bien accompagnée. D’autres rencontres, non fortuites, qui m’apportent de nouvelles pistes, autant d’échos à mes préoccupations, interrogations et envies.

J’ai le sentiment de faire le ménage, de désencombrer, d’enlever les toiles d’araignées et la poussière, de redonner ou plutôt de donner enfin la parole à mon corps et d’être capable de l’écouter.  J’ai abandonné le régime du Dr. Dukan qui ne me convenait plus, je suis repassée depuis 15 jours à une alimentation  sans PLV quasiment végétarienne et crue à 80-90 %.  J’ai des attirances pour le poivron rouge cru, pour la figue (forcément sèche en cette saison), les jeunes pousses d’épinards et la roquette. Je remange des green smoothies le matin au petit déjeûner.

Une de mes rencontres récentes m’a suggéré le livre de Stu Mittleman, Slow Burn. Pas tellement pour brûler des calories mais pour ce que Stu explicite de son rapport à son corps, de ses perceptions pendant qu’il court. Je me sens des affinités avec mon conseilleur, un « gutt feeling » subtil que le hasard n’a rien mais alors rien à voir avec notre rencontre. Alors j’ai commandé le livre (et deux autres,  aussi recommandés par D., qui arriveront plus tard car expédiés depuis le Canada), je l’ai reçu et commencé hier et je ne suis pas déçue.

The point is that our physiology is exquisitely designed for running and walking. It is only when we move in a bipedal motion – running or walking – that we can fully understand and appreciate the messages and innate wisdom our bodies offer. Our bodies are magnificently suited to moving in the form of walking and running. To engage in this motion brings us one step closer to what we are.

Je ne sais pas courir, mais je peux apprendre. Je ne sais pas faire de vraies pompes, mais j’apprends. J’apprends à  jouer de mon corps comme on jouerait d’un instrument, à la fois une part de « moi » et un partenaire extérieur. Pas de hasard non plus si ce chemin-là se fait en anglais, la langue dans laquelle j’ai baigné in utero puis les deux années qui ont suivi. Je suis maintenant plus calée en anatomie dans la langue de Shakespeare que dans la mienne, je sens mes glutes, lats, pecs, hamstrings, je marche avec mes « abs engaged ». Push-ups, chin-ups, burpees… mettre des mots sur des gestes qui permettent à mon corps d’acquérir la force fonctionnelle dont je manque, pas celle des body-builders, celle qui permet de soulever son propre corps si besoin, de porter ses enfants, de courir… celle du prison workout qui, s’il est rude, m’attire tout de même d’une certaine façon et jusqu’à un certain degré, probablement parce que je me sens comme une survivante et que du coup je le vois comme l’ultime étape de la sortie de prison de mon propre corps.

Je ne veux pas changer mon corps, juste le laisser exprimer ce qu’il devrait être, aurait pu être si je ne m’en étais pas coupée. On efface l’ardoise, on solde les comptes et on repart sur de nouvelles bases. Je passe d’un rapport que  cette chanson de Mother Mother peut illustrer  à une bénédiction, une célébration.

Body

Body

Take my eyes, take them aside.
Take my face and desecrate my arms and legs,
they get in the way.
And take my hands, they’ll understand.
Take my heart, pull it apart.
And take my brain, or what remains
and throw it all away

’cause I’ve grown tired of this body.
A cumbersome and heavy body

Take my lungs, take them and run.
Take my tongue, go have some fun.
And take the ears, take them and disappear.
And take my joints, take them for points.
Take my teeth, tear through my cheeks.
and take the nose, go and dispose,
oh would you go dispose, just go dispose,

’cause I’ve grown tired of this body.
A cumbersome and heavy body.
I’ve grown tired of this body.
Fall apart without me, body.
Oohhh…
Take my eyes, take them aside.
Take my face, and desecrate.
Arms and legs get in the way.
Body… something..

I’ve grown tired of this body.
Cumbersome and heavy body.
I’ve grown tired of this body.
Fall apart without me, body.
I’ve grown tired of this body.
Cumbersome and heavy.
Tired of this body.
Fall apart without me.
Tired of this body.

…take my eyes, take them aside.
take my face and desecrate.
Arms and legs get in the way
take my lungs, take them and run.
Take my tongue, go have some fun.
Take my heart, pull it apart.]

[Cumbersome and heavy.
Tired of this body.
Fall apart without me.
Tired of this body.
Tired of this body.
Tired of this body.]

Cumbersome and heavy body.
Heavy body.
Heavy body

2 réflexions au sujet de « Histoire de corps »

  1. Histoire de corps 2 (too)

    J’ai investi récemment dans un cardio-fréquencemètre relativement basique (le 2ème modèle de chez D.), et dans un fichier MP3 d’entraînement à la course à pied (just call me if…..).
    Pourtant capable de tenir 6 km sans trop d’effort, et jusqu’à 10 km lorsque je cours régulièrement, j’ai souvent été découragée par les fringales qui s’en suivaient.

    En creusant la question, j’ai compris :
    – en courant avec un rythme cardiaque très élevé, on brûlerait plutôt des sucres,
    – en courant avec un rythme cardiaque plus modeste (dans une zone précise en fonction de l’âge), on brûle plutôt des graisses.

    Je suis très soulagée d’avoir trouvé cela.

    PS : lunes pas du tout abondantes comme habituellement, qui se font oublier presque, sans aucun inconfort… merci les efforts en tous genres ?!

  2. Lol ! J’ai aussi investi dans un CFM/HRM (Heart Rate Monitor), ce qui va m’aider à suivre les « prescriptions » de Slow Burn.
    Considère que je t’ai « callée » à propos du fichier d’entraînement 🙂
    J’ai compris la même chose à propos du rythme cardiaque et de ce qu’on brûle… d’où l’intérêt du CFM pour pouvoir faire de l’exercice dans la bonne zone de fréquence cardiaque.

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