Comme souvent ces derniers temps, je pensais cet après-midi à mon futur tatouage. Rien de ce que j’envisageais ne se passe comme je l’aurais souhaité sur le plan matériel : je n’ai pas retrouvé le carton contenant mes coupons de tissus et je n’ai pas non plus trouvé en magasin de tissu vert qui me plaise donc pas de jupe thaï cousue de mes mains pour le jour J, le dos-nu commandé n’est finalement pas à ma taille, j’ai du mal à trouver des pansements ou du film polyuréthane d’une dimension qui corresponde à mon motif, je ne vais finalement pas pouvoir aller chez le coiffeur (je préfère payer une séance de thérapie supplémentaire, j’en ai besoin)… j’ai confiance, car je sais qu’au final tout sera comme il le faudra et surtout que l’essentiel sera au rendez-vous : je serai accompagnée, et bien accompagnée. C’est d’ailleurs à cet acompagnement que je pensais tout à l’heure et non pas aux détails matériels qui ne se mettent pas en place comme je le souhaiterais. Je pensais plus précisément au fait que la séance de tatouage proprement dite et la soirée qui suivra seront des moments de femmes (ok, je ne compte pas le tatoueur). Je me demandais si ça n’était pas un peu en contradiction avec le motif que j’ai choisi, avec ma quête d’équilibre et d’harmonie dont il est le symbole. Et c’est là que j’ai réalisé que si je suis bien entourée du côté des femmes, que si ma vie est riche de relations fortes, vraies, authentiques, dans lesquelles je me sens entière, pleinement moi, soutenue, reconnue, aimée inconditionnellement – vivante en un mot ! – et dans lesquelles j’essaie de rendre ce que je reçois, je ne peux pas en dire autant à propos des hommes dans ma vie. Entre les liens autrefois forts qui sont peu à peu distendus par la géographie et/ou le temps, les relations dans lesquelles certaines facettes de moi n’ont pas leur place et ne peuvent s’exprimer… non, vraiment, rien de comparable à ce que je peux vivre au féminin.  Je réalise de plus en y réfléchissant plus avant, que pour chacune de mes relations aux hommes qui sont encore présents dans ma vie à ce jour, je porte une blessure. Des femmes proches qui m’aient blessée et fait pleurer… je les compte sur le doigt d’une main et elle ne fait plus partie de ma vie. Je me demande si ce noyau de femmes me sert de protection, de refuge ou si au contraire il constitue un handicap, me rendant plus difficiles, plus incompréhensibles les relations aux hommes. Je me demande si je pardonne plus volontiers aux hommes qu’à mes soeurs. Je me demande quelle blessure originelle est-ce que je répète encore et encore ainsi.
Mais surtout, je me dis que non, vraiment, décidément pour me laisser emporter par cette rivière-là c’est bien entre femmes que cela doit se passer, parce que je veux me sentir forte, déterminée, indomptable et d’autres choses encore que je ne sais pas être avec d’autres qu’elles.

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