Je ne sais pas si je dois m’inquiéter ou me réjouir que des bulles du passé viennent éclater à la surface.
J’oscille entre penser que
« when I think I know what’s best for me
fate she takes me back
to exactly where I need to be
 »
et trembler, crier que c’est trop pour moi, que je ne peux pas, que je ne suis pas prête, que je n’ai pas la force.
Après le serpent, c’est le papillon qui m’obsède et qui revient souvent ces derniers mois. Ca a commencé avec le choix de mon pseudo (pour ce blog et les divers forum païens / ésotériques auquel je suis inscrite), choix objectivement dicté par d’autres considérations, mais force est de constater qu’il y avait autre chose à l’oeuvre sans que je ne m’en rende compte ! Parfois, je ne connecte pas : hier, j’ai fait une recherche que la symbolique du papillon (chez les amérindiens, dans la mythologie celtique)… le fait qu’il se transforme, plus encore que le serpent qui mue m’avait complètement échappé, sans doute que je ne voulais pas le voir. Exactement comme toutes ces choses pourtant évidentes, que je n’ai pas vues depuis 14 ans et qui ressurgissent depuis mardi.
Et sans surprise, sans hasard… j’ai retrouvé mon carnet de textes poétiques vendredi matin, dans lequel j’avais en classe de seconde recopié ce texte tiré du recueil de Francis Ponge, Le Parti pris des choses.

Le papillon
Lorsque le sucre élaboré dans les tiges surgit au fond des fleurs, comme des tasses mal lavées, – un grand effort se produit par terre tous les Papillons tout à coup prennent leur vol.
Mais comme chaque chenille eut la tête aveuglée et laissée noire, et le torse amaigri par la véritable explosion d’où les ailes symétriques flambèrent,
Dès lors le papillon erratique ne se pose plus qu’au hasard de sa course, ou tout comme.
Allumette volante, sa flamme n’est pas contagieuse. Et d’ailleurs, il arrive trop tard et ne peut que constater les fleurs écloses. N’importe : se conduisant en lampiste, il vérifie la provision d’huile de chacune. Il pose au sommet des fleurs la guenille atrophiée qu’il emporte et venge ainsi sa longue humiliation amorphe de chenille au pied des tiges.
Minuscule voilier des airs maltraité par le vent en pétale superfétatoire, il vagabonde au jardin.

Avec tout ça, pas étonnant que mes coups de blues me transforment en papillon….

aj-20081011small

2 réflexions au sujet de « Butterfly me »

  1. Oh… J’aimerais tant pouvoir t’aider, vraiment. Mais sans doute qu’il est des choses qui doivent se faire par soi-même (mais j’espère que tu sais qu’au besoin, je suis là pour t’écouter).
    Les fantômes du passé arrivent, c’est bientôt Samhain, c’est la bonne période pour faire le point, pour faire face puis repartir sur d’autres bases.

    Je suis dans une période Papillon & Hibou depuis quelques semaines…

  2. Je porte mes valises, oui, et personne d’autre ne peut le faire pour moi mais je suis heureuse d’avoir des oreilles pour m’écouter, des yeux pour me lire, ça allège un peu le poids d’une certaine façon.
    Je crois que oui, c’est le bon moment pour exorciser certaines choses, repartir sur d’autres bases en laissant derrière moi mes malles à fantômes… je pense que je vais vraiment prendre le temps de faire quelque chose pour Samhain.
    (Hibou ? Ah tiens, c’est intéressant… si je me souviens bien ce que me disait une jeune artiste venue des pays de l’Est, le hibou est un bon présage…. je ne sais pas quelle en est la symbolique, tu as une idée ?)

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