Il y a 18 ans, mon grand-père décédait d’un cancer. Pourtant accompagné tout au long de ses derniers jours à l’hôpital, il a choisi de mourir seul, pendant les seules et quelques minutes où personne n’était à son chevet : ni sa fille, ni sa femme qui se relayaient pour le veiller.
Une majorité plus tard, la blessure d’avoir du dire aurevoir au seul grand-père que j’aie jamais eu n’est toujours pas refermée. Je me demande encore si ça aurait changé quelque chose qu’il sache, s’il se serait mieux ou tout simplement battu s’il avait su sa maladie.
Je suis triste qu »il n’ait pu connaître ses arrière-petits-enfants et qu’eux ne connaissent de lui que des photos ou mes souvenirs. J’aurais aimé qu’il les emmène, comme moi quand j’étais petite, regarder les trains passer, assis sur la borne à incendie. Qu’il les traine dans un carton, qu’il leur fasse conduire la voiture pour la rentrer au garage. Qu’il les pousse sur la balançoire du jardin. Qu’il leur raconte « quand il était petit ». Qu’il arrose le jardin avec eux. Que…
Même s’il est toujours là avec nous, j’aurais aimé qu’il le soit autrement qu’en souvenirs, photos, paroles, autrement que juste dans nos coeurs.

5 réflexions au sujet de « 18 ans »

  1. Je connais parfaitement bien ce genre de sentiment… ces « j’aurais aimé que X soit là pour…. », ça revient souvent en moi en ce moment d’ailleurs (je repense à son absence à mon mariage, à la naissance de mes filles, ne pas partager notre Grand Projet avec elle…).
    Je sais qu’elle est là malgré tout et qu’elle n’est pas partie « pour rien » (je retiens mes larmes en écrivant ça, si tu savais) et c’est ce qui me fait regarder vers l’avant.

    Keep Going On…

  2. D’une certaine façon, c’est la maladie et la mort de mon grand-père qui ont défriché le terrain pour mon cheminement « alternatif » actuel; les médecins le condamnaient, ne lui donnant pas plus de 3 mois à vivre après l’annonce de son cancer… finalement, avec l’approche naturopathique employée, nous avons eu presque un an de plus avec lui ce qui était bien, mais aussi assez affreux : je me souviens de ce noël où tout le monde pensait « c’est le dernier » sans que personne ne dise rien et surtout sans que lui le sache.
    J’ai pleuré aussi en écrivant ce billet, je pleure souvent quand je pense à lui parce qu’il me manque, parce que nous avons longtemps pensé pouvoir le sauver et que finalement, non. Mais pour l’avoir « senti » là, chez mes grands-parents, dans son atelier plus précisément, à plusieurs reprises quand j’étais chez mes grands-parents après son décès, je sais qu’il EST toujours, juste pas ici, pas maintenant…

  3. Ta réponse me fait sourire… car je sens que malgré la souffrance il y a une espèce d’apaisement.

    T’es pas mali(g?)ne de me faire pleurer lol (je déconne, c’est pas ta faute).

    *J’ai bien eu ton mail hein, mais je prends le temps de répondre.*

  4. Cette tristesse à l’idée que tes enfants ne le connaitrons jamais, je la ressens aussi quand je pense à ma mère, morte deux mois avant la naissance de mon aîné ou à mon grand-père, qui n’a tenu mon fils aîné qu’une seule -si courte- fois dans ses bras.
    Il avait enchanté mon enfance et je crois qu’en plus de mes souvenirs et des photos, je leur transmets aussi tout ce qu’il m’a appris.
    Peut-être le fais-tu aussi en les trainant dans un carton, en les poussant sur la balançoire ou en arrosant le jardin avec eux ?

  5. @Nolwenn : J’essaie d’être en paix, mais je n’y arrive pas toujours… pour ce qui est de pleurer, je me dis que c’est mieux dehors que dedans, non 🙂 ? Mais je ne voulais pas pour autant provoquer tes larmes…

    @Taàri : Sûrement, d’une certaine façon… mais ça serait quand même chouette s’il pouvait transmettre tout ça lui-même. Je ne peux qu’imaginer à quel point ça a été (et c’est encore, sans doute) douloureux pour toi… chaudoudoux du dimanche pour toi !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*
Site web