Quand Elle est partie, j’ai mis en terre ce qu’Elle avait laissé de physique dans ce monde, il n’était pas possible pour moi de faire autrement : ce qu’il restait d’Elle était trop précieux pour en disposer autrement. Pas de jardin, alors j’ai dépoté une plante, une des rares survivantes de mon appartement sans lumière, et disposé entre les racines ce que j’aurais aimé pouvoir enterrer dans mon jardin. J’avais dans l’idée de mettre la plante en terre une fois à « la maison », ou de lui trouver un autre pot, un que, peut-être, j’aurais décoré pour dire sans le dire à quel point son contenu m’était précieux.
J’ai pleuré en voyant que dans le déménagement ma plante avait souffert au point de perdre ses deux uniques feuilles et de sembler toute sèche. J’ai pensé ma plante morte. Le symbole était trop fort, j’en ai pleuré.
Parce que je ne pouvais pas baisser les bras si vite, j’ai quand même rempoté ce qu’il restait de tige, ajouté du terreau dans le pot plus grand et arrosé le tout avec une pointe d’engrais pour plantes vertes. Avant-hier, j’ai remarqué une petite pousse verte à l’endroit de la tige d’où les deux feuilles tombées naissaient. Alors, j’ai souri. Et je me suis dit que finalement elles étaient toutes les deux bien là, bien présentes, bien vivantes. Depuis, à chaque fois que je monte ou descends l’escalier et que je vois donc la plante, j’ai le cœur qui fait des bonds.

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