incenseHier soir, en rentrant du travail, mon mari m’a expliqué qu’il allait relaver la housse du canapé laissée par les anciens propriétaires de notre maison parce qu’elle puait, enfin, parce qu’elle sentait « eux ». Le choix du premier mot n’était pas innocent, et son correctif non plus. Ce canapé, qui est maintenant à nous, chez nous, sentait « l’autre », « l’étranger » (à notre famille, hein, me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !) et ce qui est « nous » mais ne sent pas « nous », pue. J’ai pris pleinement conscience de la signification de l’expression « se sentir chez soi ».
Se sentir chez soi, c’est donc avant tout une histoire… d’odorat.
J’ai l’impression qu’avec tous les parfums d’ambiance, les parfums utilisés dans les produits ménagers, les parfums de parfumeurs ou les infâmes déo’ à deux balles, bref toutes ces odeurs qui masquent la nôtre, les nôtres, on perd de ce lien primal à notre odeur corporelle, à celle de nos proches, de notre maison… c’est dommage.
N’allez pas croire que je ne fais pas brûler d’encens, de sauge ou que je ne diffuse pas à l’occasion des huiles essentielles dans la maison; cela m’arrive, assez fréquemment même. Mais je ne le fais pas pour que « ça sente bon », mon intention n’est pas là; le plus souvent, ce sont des supports de méditation, un outil de purification ou de soin, dont il se trouve que l’odeur participe au but visé. Par ailleurs, je ne me parfume pas et j’ai du mal quand mon mari le fait; certes, le parfum sent bon, mais sur lui, ça me gène, ce n’est plus lui, c’est un écran entre lui et moi.
J’ai des souvenirs assez anciens de ces histoires d’odeurs : ceux des nouvelles maisons de mon enfance qui sentaient autrement pour un temps, par exemple. Et puis il y a aussi mes enfants dont je ne reconnais plus l’odeur quand ils reviennent de chez mes beaux-parents. Là, c’est marrant : mon mari ne sent pas la différence, à moins que nos enfants ne reviennent de chez mes parents à moi. Chez mes parents, comme chez les siens, pour chaucn d’entre nous ça « sent encore la maison ». Le refuge.

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